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Accueil Matériel drone

Drone français : les marques et fabricants à connaître en 2026

Nicolas Par Nicolas
1 novembre 2026
dans Matériel drone
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Drone français à voilure fixe en vol au-dessus d’un village et de ses champs

Un drone français de loisir, neuf, en boutique ? Chez Parrot, le rayon est vide : la marque ne vend plus que des drones professionnels. Les autres fabricants travaillent pour l’industrie, la sécurité publique ou les armées, de Delair à Donecle en passant par Elistair ou Azur Drones. Et tous ne fabriquent pas en France.

Voici qui fait quoi dans le drone français, rangé par usage. Pour chaque marque : où l’appareil est assemblé selon elle, la classe européenne obtenue quand elle existe, et les aides publiques annoncées par l’État.

Drone français de loisir : ce qu’il reste après Parrot

Ouvrez le site de Parrot. Le menu produits affiche quatre noms au 1er novembre 2026 : ANAFI UKR, ANAFI USA, ANAFI Ai et CHUCK 3.0, un autopilote. Que des outils pour les forces de sécurité, l’inspection ou les développeurs. Les Bebop 2 et l’Anafi grand public de 2018 n’ont pas de successeur au catalogue.

Ces anciens modèles volent encore, et légalement. L’AESA accepte en catégorie ouverte un drone sans étiquette de classe s’il a été mis sur le marché avant le 1er janvier 2024 : en sous-catégorie A1 sous 250 g, en A3 sous 25 kg. Nous avons réuni dans un article à part la gamme Parrot actuelle et le sort des anciens Bebop et Anafi.

Un drone acheté neuf aujourd’hui doit, lui, porter une étiquette C0 à C4 pour voler en catégorie ouverte. Or aucune des marques de ce panorama n’apparaît en C0 ou en C1, les deux classes de la sous-catégorie A1, sur la liste de l’AESA. Concrètement, un télépilote qui veut un drone français pour ses balades achète d’occasion. Pas très enthousiasmant, mais c’est la situation.

Parrot, marque française fabriquée aux États-Unis et en Corée du Sud

Parrot a été fondé en 1994 par Henri Seydoux et garde son siège à Paris. Son communiqué du 28 octobre 2026 le dit sans détour : le groupe développe ses produits en Europe et les fait fabriquer aux États-Unis et en Corée du Sud. La page de l’ANAFI USA s’intitule même « Drone Professionnel Made in USA ».

Le paradoxe a de quoi faire sourire. En janvier 2021, la DGA a retenu cet ANAFI USA pour les trois armées, et l’armée de Terre le présente aujourd’hui parmi ses drones. Un drone français par la marque, assemblé outre-Atlantique, équipe donc les groupes de combat.

Les affaires, elles, vont bien : d’après le communiqué financier du troisième trimestre 2026, les micro-drones professionnels ont rapporté 58,7 M€ en neuf mois, en hausse de 110 %, grâce à l’ANAFI UKR.

Le 29 octobre 2026, Parrot a annoncé que l’ANAFI UKR GOV a reçu la certification C2. C’est la version destinée aux forces de police et aux services de secours. Ce que la classe C2 change sur le terrain est détaillé dans notre liste des drones C2 et les règles de la sous-catégorie A2.

Fabricant drone français pour les pros : six noms à connaître

Atelier où deux techniciens assemblent un drone français professionnel à voilure fixe
Image d’illustration générée par IA : un atelier d’assemblage de drones professionnels. Ce n’est la photo d’aucun fabricant cité.

Hors loisir, le drone français tient à quelques vrais industriels. Chacun a son créneau, et ces créneaux se recoupent peu.

Delair, la voilure fixe toulousaine

Fabricant de drones depuis 2011, Delair produit à Toulouse, où se trouve aussi son siège. Ses drones portent depuis le 23 mars 2023 le label Origine France Garantie, attestation à l’appui sur sa page entreprise.

Côté civil, Delair vend l’UX11, une aile volante de cartographie : 80 minutes de vol et 120 hectares couverts en un vol à 120 m, d’après le constructeur. Sept versions de l’UX11 sont inscrites en classe C6 sur la liste de l’AESA. Le reste de la gamme (DT26, DT46, DT61) vise la surveillance et la défense ; le DT46 sert déjà dans l’artillerie de l’armée de Terre.

Elistair, le drone captif lyonnais

Fondée en 2014 par Guilhem de Marliave et Timothée Penet, Elistair est installée à Dardilly, près de Lyon. Sa spécialité : le drone relié au sol par un câble qui l’alimente, et qui peut donc rester en l’air des heures. Son Khronos, une « dronebox » automatique, monte à 60 m et tiendrait 50 heures en vol selon l’entreprise. Nous avons détaillé le fonctionnement d’un drone captif, d’Elistair à l’ANAFI UKR.

Côté fabrication, la frise de l’entreprise indique un déménagement en 2024 dans des locaux de 1 600 m², dont 600 m² dédiés à la production.

Azur Drones, le drone en boîte de Mérignac

Azur Drones, à Mérignac près de Bordeaux, vend Skeyetech : un drone et sa station d’accueil climatisée qui le recharge, avec une station météo. L’alarme sonne, le drone décolle en moins de 40 secondes et vole jusqu’à 25 minutes, parachute à bord. L’entreprise revendique un système « 100 % conçu et fabriqué en France » et plus de 25 autorisations SORA, donc des vols en catégorie spécifique. Pour un drone made in France revendiqué de bout en bout, c’est la formule la plus nette de ce panorama avec le label de Delair.

Son cas le plus parlant : une expérimentation avec la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, qui intervient environ 300 fois par an sur la Seine. Le projet teste le vol automatique jusqu’à la victime, sa détection avec l’aide de l’IA et le largage d’une bouée. Autre terrain, bien plus froid : une station installée au Svalbard pour l’institut norvégien NILU, qui mesure les gaz libérés par le dégel du pergélisol.

Vidéo d’Azur Drones (titre en anglais, 5 novembre 2025, 1 min) : une station Skeyetech installée au Svalbard, en Arctique, pour le projet scientifique NILU sur les gaz libérés par le dégel du pergélisol. La vidéo ne se charge qu’au clic.

Donecle, l’inspection d’avions dans le hangar

Donecle, fabricant de drones fondé en 2015 à Toulouse, ne fait qu’une chose : inspecter des avions. Son Iris GVI tourne autour de la carlingue sans pilote ni GPS, grâce à un guidage laser. Il photographie la surface en 24 mégapixels. Le fabricant indique qu’il figure dans les manuels de maintenance d’Airbus et de Boeing. En septembre 2026, Japan Airlines a lancé un projet commun avec Donecle dans ses hangars, une première au Japon selon la compagnie.

Hexadrone et Drone Volt, les porte-outils

Hexadrone, fabricant de drones installé à Saint-Ferréol-d’Auroure (Haute-Loire), construit le TUNDRA 2, un multirotor modulaire porte-outils. La société est franche sur l’origine de ce drone français : elle fait produire « la quasi totalité des pièces structurelles » en France, mais les batteries viennent d’Asie. Le TUNDRA 2.1 figure en C5 et en C6 sur la liste de l’AESA.

Drone Volt, à Villepinte, a choisi une autre formule pour son Kobra : « made in Europe ». Le Kobra est inscrit en C3, puis en C5 et C6 ; l’Hercules 20 l’est en C5.

Drone made in France ou conçu en France : comment faire le tri

Le tableau reprend ce que chaque fabricant de drones dit de sa production, face à la liste de l’AESA au 1er novembre 2026.

MarqueSiègeFabrication, selon la marqueClasse sur la liste de l’AESA
ParrotParisÉtats-Unis et Corée du SudAucune fiche (C2 annoncé le 29 octobre 2026)
DelairToulouseToulouse, label Origine France GarantieC6 (UX11)
ElistairDardilly (Rhône)Atelier de 600 m² dans ses locauxAucune fiche
Azur DronesMérignac (Gironde)« 100 % conçu et fabriqué en France »Aucune fiche
DonecleToulouseNon préciséAucune fiche
HexadroneSaint-Ferréol-d’Auroure (Haute-Loire)Structure en France, batteries d’AsieC5 et C6 (TUNDRA 2.1)
Drone VoltVillepinte (Seine-Saint-Denis)« Made in Europe » (Kobra)C3 à C6 (Kobra) ; C5 (Hercules 20)

Pour un drone français, trois niveaux se dégagent. Le premier : la marque et le bureau d’études sont français, l’usine est ailleurs (Parrot). Le deuxième : l’assemblage et une bonne part des pièces sont faits en France, sans que tout y soit produit (Hexadrone le dit pour ses batteries). Le troisième est juridique : depuis la loi de programmation militaire du 16 août 2026, un « système de drone souverain » a cinq briques conçues, développées et produites dans l’Union européenne ou l’AELE, de la propulsion aux logiciels.

Schéma : conçu, fabriqué ou souverain, et parcours d’une classe européenne C1 à C6
Drone français : trois niveaux distincts (conçu, fabriqué ou souverain) et le chemin d’une étiquette de classe jusqu’à la liste de l’AESA.

Avant d’acheter un drone made in France, trois vérifications suffisent :

  1. Demander où l’appareil est assemblé, et d’où viennent la batterie et la carte de vol.
  2. Exiger une attestation écrite quand la marque met en avant un label, comme Delair le fait en ligne.
  3. Lire la déclaration UE de conformité livrée avec le drone : elle indique la classe et porte le numéro de série.

Classes C1 à C6 : ce que chaque fabricant de drone a obtenu

Pour un drone français comme pour un autre, l’étiquette de classe ne s’auto-attribue pas toujours. Le règlement européen 2019/945 (article 13) n’autorise le simple contrôle interne de la production que pour les classes C0, C4, C5 et C6, et seulement si le fabricant applique les normes harmonisées. Pour C1, C2 et C3, un organisme notifié intervient obligatoirement. L’AESA renvoie, pour la liste de ces organismes, à la base NANDO de la Commission européenne.

Exemple concret : Hexadrone a mené l’examen de type C5 et C6 du TUNDRA 2 avec NavCert, un organisme notifié allemand (numéro 2603). Le fabricant rédige ensuite une déclaration UE de conformité, puis appose le marquage CE et l’étiquette de classe.

Reste la liste « Drones for EU Operations » de l’AESA. Elle est utile, avec une limite que l’agence écrit elle-même : elle repose sur les informations que les fabricants veulent bien fournir. L’ANAFI UKR GOV, annoncé C2 le 29 octobre, n’y figure pas au 1er novembre. Autre piège : des drones DJI (Mavic 3, Matrice 4) y apparaissent en C5 grâce à des kits déclarés par d’autres sociétés, Dronavia par exemple. Le nom inscrit sur la fiche n’est donc pas forcément celui du fabricant de drone.

Pour savoir ce que chaque classe permet en catégorie ouverte, repartez de notre guide de la réglementation drone en France.

France 2030 et DGA : les aides publiques au drone français

Le principal guichet civil s’appelle « Offre de robots et machines intelligentes d’excellence ». Cet appel à projets de France 2030, lancé en juillet 2023 et opéré par Bpifrance, couvre la robotique industrielle, les drones et la fabrication additive. Le 18 juin 2026, à Eurosatory, le gouvernement a annoncé 31 nouveaux lauréats, pour 68 M€ d’aides publiques.

Plusieurs noms du drone français y figurent. Donecle, pour industrialiser l’inspection d’avions par drone sur les lignes d’assemblage. Delair, avec Neurobus et le CNRS, pour un système anticollision destiné aux petits drones. HyLight enfin, pour son drone longue distance d’inspection des lignes électriques (voir le pari du drone dirigeable de HyLight). Elistair avait été retenue au même appel en octobre 2024 pour la version suivante du Khronos, d’après son propre communiqué.

Côté défense, la DGA soutient la filière par ses commandes et par le Pacte drones aériens de défense, signé le 17 juin 2024 : plus de 170 sociétés l’avaient rejoint en février 2026. Elistair cite d’ailleurs un soutien de l’agence d’armement dès 2017, pour son premier Orion.

Défense : la souveraineté inscrite dans la loi

Le militaire a son propre article : notre tour d’horizon des drones des trois armées et de leurs fabricants. Ici, trois repères suffisent, car la loi va désormais plus loin qu’un drone français par la marque.

Le premier est l’article 27 de la loi du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire : quand un système de drone souverain répond au besoin, l’acheteur public de défense ou de sécurité doit lui donner la priorité. Le deuxième est une commande : le 28 mai 2026, la DGA a acheté 5 000 drones Delco à Harmattan AI, qui conçoit et assemble ce micro-drone en France avec des caméras infrarouges Lynred. Le troisième est un rappel : le DT46 de Delair et l’ANAFI USA de Parrot volent déjà sous l’uniforme.

Et l’industrie automobile ? La piste d’une production de drones en Ukraine associant Renault, évoquée en février 2025, rappelle que la question de la fabrication dépasse les seuls spécialistes du drone.

Foire aux questions

Existe-t-il encore un drone français de loisir ?

Pas en neuf chez les marques de ce panorama. Parrot ne vend plus que des drones professionnels, et la liste de l’AESA ne montre aucun de ces fabricants en classe C0 ou C1. Reste l’occasion : un Bebop 2 ou un Anafi mis sur le marché avant 2024 vole toujours en catégorie ouverte, en A1 sous 250 g ou en A3 sous 25 kg.

Parrot est-il toujours un fabricant de drone français ?

C’est une entreprise française, cotée à Paris, qui conçoit ses drones en Europe. La fabrication, elle, est assurée aux États-Unis et en Corée du Sud, selon le groupe. Sa gamme actuelle vise les professionnels, la sécurité publique et la défense.

Quelle différence entre un drone made in France et un drone souverain ?

« Made in France » renvoie au lieu de fabrication, parfois attesté par un label comme Origine France Garantie. « Souverain » est une notion de la loi de programmation militaire de 2026 : propulsion, structure, avionique, liaisons de données et logiciels conçus, développés et produits dans l’Union européenne ou l’AELE. Un drone made in France dont l’un de ces cinq éléments vient d’Asie n’entre pas dans cette définition.

Où vérifier la classe européenne d’un drone ?

Sur l’étiquette collée sur l’appareil et dans sa déclaration UE de conformité, qui indique la classe. La liste « Drones for EU Operations » de l’AESA aide aussi, mais elle repose sur les déclarations volontaires des fabricants : un drone absent de la liste peut tout à fait être certifié.

Sources

  • AESA, Drones for EU Operations (liste et export du 1er novembre 2026)
  • AESA, FAQ 135902 : démontrer la conformité d’un drone
  • AESA, Open category: low-risk civil drones
  • Commission européenne, base NANDO des organismes notifiés
  • EUR-Lex, règlement délégué (UE) 2019/945, version consolidée
  • Ministère de la Transition écologique, Exploitation de drones en catégorie ouverte
  • Direction générale des Entreprises, France 2030 : 31 nouveaux projets en robotique et drones souverains (18 juin 2026)
  • Ministère des Armées, Pacte drones aériens de défense et commande de 5 000 drones Delco
  • Armée de Terre, Nos drones et nos robots terrestres
  • Légifrance, loi n° 2026-791 du 16 août 2026 actualisant la programmation militaire
Lu 12
Sujets liés : DéfenseDrones de loisirMarché du drone
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Nicolas

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Nicolas s'occupe du matériel et du terrain : nouveaux drones, voilures fixes, batteries, caméras, et les salons et manifestations où l'on peut les voir voler. Il vérifie les chiffres annoncés par les constructeurs avant de les reprendre et signale ce qui relève encore du prototype. Il suit aussi les essais de drones hors vue et en longue élongation. Au-delà de ces sujets, Nicolas couvre aussi d'autres domaines du drone, de la réglementation aux usages professionnels et de loisir.

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