Voler en drone aux États-Unis : les règles FAA pour un touriste français
Voler en drone aux États-Unis reste tout à fait possible pour un touriste français, à condition de régler avant le départ ce que la FAA, l’autorité fédérale de l’aviation, demande à un étranger. Un test en ligne, un enregistrement à 5 dollars, une identification à distance qui se corse pour un drone acheté en Europe. Rien d’insurmontable. Mais la carte a bougé cet automne : depuis le 19 octobre 2026 au soir, une bande d’un mille nautique est fermée aux drones le long de la frontière mexicaine, et ce pour un an.
Ce guide reprend la logique de notre dossier sur le drone en Thaïlande : formalités, zones, pièges. Avec la question que beaucoup se posent en bouclant leur valise : un DJI passe-t-il encore la douane américaine ?
Voler en drone aux États-Unis : loisir ou Part 107 ?

Première question, et elle décide de tout le reste : pourquoi volez-vous ? Le vol de loisir relève d’une exception prévue par la loi (article 44809 du titre 49 du code fédéral), avec un jeu de règles assez court. Tout le reste tombe sous la Part 107, le règlement des drones de moins de 55 livres (environ 25 kg) utilisés pour le travail.
Le piège, c’est la frontière entre les deux. Pour la FAA, l’absence de rémunération ne suffit pas à faire d’un vol un vol de loisir : des photos destinées à vendre un bien ou un service relèvent de la Part 107. Vos images de vacances restent du loisir ; filmer la villa d’un client à Miami, non. Dans le doute, la FAA conseille de se considérer sous la Part 107.
Pour le touriste, le loisir est donc la voie normale. Mais voler en drone aux États-Unis avec un appareil venu d’ailleurs suppose aussi de lire la page que la FAA consacre aux opérateurs étrangers, plus exigeante que la règle générale.
TRUST FAA, enregistrement, Remote ID : trois formalités avant le départ
Le TRUST FAA, un test gratuit à passer en ligne
Le TRUST (The Recreational UAS Safety Test) est obligatoire pour tout télépilote de loisir, quel que soit le poids du drone, et la preuve de réussite doit pouvoir être présentée à un agent de la FAA ou de police. Le test est gratuit et en ligne, chez l’un des organismes agréés de la liste officielle de la FAA.
Le format est indulgent : les erreurs se corrigent avant la délivrance du certificat. Un détail compte davantage. Personne ne garde trace de votre certificat TRUST FAA : perdu, il faut repasser le test. Gardez-en deux copies. Franchement, c’est la formalité la plus simple du voyage.
L’enregistrement sur FAADroneZone, dès 250 grammes
À partir de 250 grammes (0,55 livre), l’enregistrement sur le portail FAADroneZone devient obligatoire ; en dessous, un drone de loisir en est dispensé. Comptez 5 dollars pour trois ans, et en loisir un seul enregistrement couvre tous les drones de votre inventaire.
Pour un étranger, le certificat vaut « reconnaissance de propriété », pas immatriculation américaine, précise la page d’enregistrement de la FAA. Le numéro se marque à l’extérieur du drone. Le certificat, papier ou numérique, vous suit à chaque vol.
Remote ID : le vrai casse-tête pour un drone européen
C’est ici que ça se complique. Depuis le 16 septembre 2023, tout drone qui doit être enregistré doit aussi diffuser son identification à distance, le Remote ID. Trois façons d’être en règle : un drone équipé d’origine, un module de diffusion ajouté, ou un vol cantonné à une FRIA, ces terrains reconnus par la FAA où l’on vole sans Remote ID.
Pour un drone venu de l’étranger, une étape s’ajoute. S’il est immatriculé dans votre pays et dispose du Remote ID au standard FAA, vous déposez une Notice of Identification (NOI), gratuite, sur FAADroneZone, et gardez la confirmation reçue au poste de pilotage. Condition : le drone ou le module doit figurer sur une déclaration de conformité acceptée par la FAA.
Le hic ? En Europe, on enregistre l’exploitant, pas l’appareil, et la FAA ne dit pas si un drone européen compte comme « immatriculé à l’étranger ». Notre conseil, prudent : vérifiez votre modèle dans la base des déclarations de conformité, puis laissez le portail vous orienter. Et si votre drone de loisir pèse moins de 250 grammes, la question disparaît : pas d’enregistrement, donc pas d’obligation de Remote ID. Le signalement électronique exigé en France obéit, lui, à d’autres règles.
400 pieds, espace contrôlé, B4UFLY : où vous pouvez décoller
La hauteur maximale en loisir est de 400 pieds, environ 122 mètres, en espace non contrôlé (la classe G). Presque les 120 mètres de la catégorie ouverte européenne. Le reste vous parlera aussi : vol à vue, ou avec un observateur placé à côté de vous, et priorité aux autres aéronefs.
La vraie différence tient à l’espace contrôlé autour des aéroports (classes B, C, D et E de surface) : vous n’y volez qu’avec une autorisation préalable, obtenue par LAANC ou par DroneZone. LAANC passe par des applications agréées et peut répondre en temps quasi réel.
Pour voler en drone aux États-Unis sans mauvaise surprise, reste à savoir où commence cet espace. C’est le rôle de B4UFLY, un service de la FAA fourni par des applications agréées comme Aloft ou Airspace Link. B4UFLY affiche l’espace contrôlé, les parcs nationaux et les restrictions temporaires de vol (les TFR), avec un indicateur simple : vous pouvez voler, ou non.
Trois interdictions reviennent souvent en voyage. Les stades : pas de drone à moins de 3 milles nautiques, d’une heure avant à une heure après un match de MLB, de NFL, de football universitaire de première division ou une course NASCAR, selon la FAA. Washington, où tout vol est interdit sans autorisation spécifique à moins de 15 miles de l’aéroport Reagan. Les secours, enfin : feux de forêt et ouragans sont hors limites. Bref, ouvrez B4UFLY avant chaque décollage.
Parcs nationaux : l’interdiction que les touristes oublient
Grand Canyon, Yellowstone, Yosemite. C’est là qu’on rêve de faire décoller son drone, et c’est précisément là qu’il reste au sol. Depuis un mémo de juin 2014, le service des parcs nationaux (NPS) interdit de décoller, d’atterrir et de piloter un drone sur les terres et les eaux qu’il administre. La mesure est toujours en vigueur, à quelques exceptions près.
L’addition peut être salée : l’infraction est un délit, puni au maximum de six mois de prison et de 5 000 dollars d’amende, selon le NPS. Le Grand Canyon le dit sans détour : pas d’usage de loisir pour le public.
Deux nuances quand même. La compétence du NPS s’arrête aux limites du parc. Et un superintendant peut, sur demande, désigner une zone ou accorder un permis. Rare, mais ça existe. Si vous piochez dans nos spots drone aux USA, vérifiez le statut de chaque terrain. En France, le vol en parc national suit une autre logique, celle du cœur de parc.
Frontière mexicaine : la zone interdite aux drones jusqu’en octobre 2027
C’est la nouveauté de l’automne. Le 16 octobre 2026, les ministères américains des Transports, de la Guerre et de la Sécurité intérieure ont annoncé une restriction temporaire de vol le long de la frontière mexicaine. Le principe tient en une phrase : aucun drone sans autorisation, du sol jusqu’à 400 pieds, sur un mille nautique (1 852 mètres) côté américain.
Trois NOTAM la portent : FDC 6/9954 pour la Californie et l’Arizona, 6/9978 pour l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Texas, 6/9956 pour le Texas. Bout à bout, ils couvrent la ligne entière, du Pacifique près de San Diego jusqu’à Brownsville, sur le golfe du Mexique. Validité : du 20 octobre 2026 à 0 h UTC au 19 octobre 2027 à 23 h 59 UTC, selon la notice de la FAA. Le communiqué disait la mesure « effective aujourd’hui », le 16 ; DroneXL a relevé l’écart.

Le ton, lui, n’a rien de touristique. La FAA classe cette bande en « espace aérien de défense nationale ». Un contrevenant peut être intercepté et interrogé, perdre ses certificats, payer des sanctions civiles ou être poursuivi au pénal. Le NOTAM évoque même la force létale contre un aéronef jugé menaçant, et autorise la Défense, la Sécurité intérieure ou la Justice à brouiller, saisir ou détruire un drone.
Et les dérogations ? Elles existent, mais pas pour vous. La CBP, l’agence des douanes et de la protection des frontières, n’approuve que des missions de sécurité, de secours ou des « opérations d’événement » non définies, sur demande envoyée 48 heures avant au moins. Aucune case pour le loisir, et selon DroneLife, l’AUVSI réclame déjà des précisions pour les vols commerciaux.
Concrètement, la frontière mexicaine traverse des villes que l’on visite : d’après DroneXL, les centres d’El Paso, de Laredo, de Brownsville, de Nogales (Arizona) et de Calexico tombent dans la bande. Une halte au bord du Rio Grande ? Laissez le drone dans le sac. Notre avis : c’est la règle la plus facile à enfreindre sans le savoir, parce que la bande ne se voit pas sur le terrain.
Drone DJI aux États-Unis : peut-on encore entrer et voler avec ?
Le 22 décembre 2025, la FCC, le régulateur américain des télécoms, a inscrit sur sa Covered List les drones et composants critiques produits à l’étranger, DJI en tête. Le détail est dans notre article DJI interdit aux États-Unis. Pour le voyageur, une seule question compte : votre drone DJI aux États-Unis passe-t-il encore ?
Pour un modèle déjà autorisé, oui. La FCC l’écrit dans sa foire aux questions du 7 janvier 2026 : un drone qui a déjà reçu son autorisation peut continuer à être importé, vendu et utilisé. Le code fédéral va dans le même sens : un appareil radio s’importe s’il dispose d’une autorisation FCC valide qui n’a pas été « limitée ».
Pour un modèle récent, c’est une autre histoire. Les nouveaux appareils ne peuvent plus être autorisés : la FCC les dit interdits d’importation « pour usage ou vente ». Rien, dans les textes lus, ne prévoit d’exception pour le bagage d’un touriste. Le réflexe : repérez le FCC ID du drone et de sa radiocommande, sur l’étiquette ou dans l’application, puis vérifiez-le dans la base de la FCC.
Des drones DJI ont déjà été bloqués par les douanes américaines : gardez la facture sous la main. En vol, un drone DJI aux États-Unis suit les règles FAA communes. Les propositions de l’été 2026 contre des modèles pros déjà autorisés n’étaient pas adoptées au 9 octobre.
Batteries, missions pro, Part 108 : les autres questions du voyage
Les batteries de rechange voyagent en cabine uniquement, bornes protégées contre les courts-circuits. La FAA limite les batteries lithium-ion à 100 Wh pièce ; de 101 à 160 Wh, il faut l’accord de la compagnie, et deux au plus. Pour le stockage, notre guide sur la tension de stockage LiPo vaut aussi là-bas.
Filmer pour un client ? Là, le loisir ne suffit plus. La FAA ne reconnaît aucun certificat étranger de télépilote : il faut passer l’examen de la Part 107 dans un centre situé aux États-Unis, ou voler sous la supervision directe d’un télépilote américain certifié. S’ajoute un permis d’aéronef étranger du ministère des Transports (Part 375), à demander au moins 15 jours avant ; comptez parfois une trentaine de jours, prévient la FAA.
Vous lirez peut-être que les vols hors vue relèvent d’une « Part 108 ». Pas encore. Le projet a été publié le 7 août 2025, mais aucune règle finale n’était parue au Federal Register au 23 octobre 2026. Pour un touriste, rien ne change : en loisir, le vol reste à vue.
Avant de partir : la liste à cocher
- passer le TRUST et garder le certificat en deux exemplaires ;
- enregistrer le drone sur FAADroneZone dès 250 grammes, puis marquer le numéro ;
- vérifier le Remote ID : déclaration de conformité, puis NOI ou enregistrement ;
- contrôler le FCC ID de tout drone produit hors des États-Unis ;
- installer une application B4UFLY ;
- rayer les parcs nationaux et la bande le long de la frontière mexicaine ;
- ranger les batteries de rechange en cabine.
Les pages de loisir de la FAA ne mentionnent aucune assurance obligatoire, mais un dégât causé à un tiers coûte cher là-bas aussi : vérifiez votre contrat. Voler en drone aux États-Unis demande au fond un peu d’avance. Ce qui piège, ce sont les terrains, pas les formulaires.
Foire aux questions
Faut-il passer le TRUST FAA pour un drone de moins de 250 grammes ?
Oui. Le TRUST est exigé de tout télépilote de loisir, quel que soit le poids. Le seuil de 250 grammes ne joue que sur l’enregistrement : en dessous, pas d’enregistrement, donc pas d’obligation de Remote ID.
Peut-on voler en drone aux États-Unis avec un drone acheté en France ?
Oui, avec le TRUST, un enregistrement dès 250 grammes et le Remote ID au standard FAA. Vérifiez aussi que le modèle dispose d’une autorisation FCC valide : les nouveaux drones produits à l’étranger ne peuvent plus en obtenir depuis décembre 2025.
Jusqu’à quand dure la zone interdite à la frontière mexicaine ?
Jusqu’au 19 octobre 2027 à 23 h 59 UTC, selon les trois NOTAM de la FAA. La bande fait un mille nautique de profondeur côté américain, du sol à 400 pieds.
Où vérifier les restrictions temporaires avant de voler ?
Dans une application B4UFLY agréée, qui affiche les TFR, les parcs nationaux et l’espace contrôlé.
Sources
- FAA, communiqué du 16 octobre 2026
- FAA, Domestic Notice U.S. Southern Border
- FAA, restrictions temporaires de vol
- FAA, Recreational Flyers
- FAA, TRUST
- FAA, How to Register Your Drone
- FAA, Remote ID
- FAA, Notice of Identification
- FAA, International UAS Operators
- FAA, B4UFLY
- FAA, espace aérien de Washington
- FAA, PackSafe : batteries lithium
- National Park Service, drones
- FCC, Covered List
- FCC, fiche du 22 décembre 2025
- eCFR, 47 CFR 2.1204
- Ministère, fiche catégorie Ouverte

