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Lunettes FPV DJI : quel casque pour quel drone, et la règle du vol en immersion

Sophie Par Sophie
24 octobre 2026
dans Matériel drone
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Télépilote en vol en immersion avec un casque FPV, son observateur debout à côté de lui suit le drone des yeux

Lunettes FPV DJI : quel casque pour quel drone, et la règle du vol en immersion

Quatre lunettes FPV DJI ont reçu un nouveau firmware le 20 octobre 2026 : DJI Goggles 2, Goggles Integra, DJI Goggles 3 et DJI Goggles N3, le même jour. Rien de spectaculaire, quelques bugs corrigés et c’est tout. Mais l’occasion est bonne pour remettre à plat une question que DJI ne rend pas simple. Quel casque marche avec quel drone, et avec quelle radiocommande ? Et que dit la règle quand vous volez la tête dans un écran ?

Tout ce qui suit vient des pages de DJI et des textes en vigueur. L’actualité, relayée par DroneDJ le 23 octobre, a été recoupée dans les PDF du constructeur.

Lunettes FPV DJI : ce que contiennent les firmwares du 20 octobre

Quatre casques, quatre numéros. Les DJI Goggles 2 passent en v01.14.0000 et les Goggles Integra en v01.10.0000, pour corriger des bugs mineurs. Les DJI Goggles 3 montent en v01.00.1600 et les DJI Goggles N3 en v01.00.1300, avec une ligne tout aussi laconique sur des problèmes connus. Les quatre demandent l’application DJI Fly 1.21.16, sur iOS comme sur Android.

Franchement, c’est une mise à jour d’entretien. Aucune fonction nouvelle, aucun drone ajouté. La précédente datait du 1er septembre 2026 pour les Goggles 3 et N3, du 2 juillet pour les Goggles 2 et Integra. DJI suit donc ses quatre casques en parallèle, même les deux plus anciens, dont les pages produit renvoient déjà vers l’espace d’assistance du site.

Le piège est ailleurs, et il figure dans chaque note de version : l’installation peut réinitialiser des paramètres de vol, dont l’altitude de retour au point de départ et la distance maximale. Notez vos réglages avant. Après, redémarrez drone, radiocommande et lunettes, puis contrôlez ces valeurs avant de décoller. Un RTH revenu à sa valeur par défaut au-dessus d’une rangée de peupliers, personne n’a envie de le découvrir en vol.

En cas d’échec, DJI conseille de tout redémarrer, DJI Fly ou DJI Assistant 2 compris. Les drones ont eu leurs propres firmwares, voir notre point sur la mise à jour firmware DJI des anciens Mini et Air.

Quatre casques encore suivis par DJI, quatre profils

Casque de vol en immersion posé sur un tissu dans l’herbe, à côté d’un petit drone FPV et d’une commande de mouvement
Casque, drone et radiocommande : en FPV, les trois doivent être de la même génération (illustration).

Trois d’entre eux partagent la même base : deux écrans de 0,49 pouce en 1 920 × 1 080, jusqu’à 100 Hz. Le N3 joue une autre partition, avec un seul écran de 3,5 pouces.

Les DJI Goggles 2 sont les plus légères, environ 290 g avec le bandeau. Mais la batterie (1 800 mAh, autour de 2 heures) se porte à part, reliée par un câble. Dioptrie de -8,0 à +2,0 D, champ de vision de 51° par écran.

Les Goggles Integra logent la batterie dans le bandeau. Plus de câble qui pend, mais 410 g environ. Pas de molette dioptrique : DJI fournit onze paires de verres, de -8,0 à +2,0 D. Champ de vision : 44° par écran.

Les DJI Goggles 3, environ 470 g batterie comprise, gardent le tout-en-un et ajoutent deux caméras frontales pour la Vue réelle : votre environnement s’affiche sans retirer le casque, avec en option le retour du drone en incrustation. Dioptrie de -6,0 à +2,0 D, écart pupillaire de 56 à 72 mm, environ 3 heures d’autonomie.

Les DJI Goggles N3 sont l’entrée de gamme, et la fiche ne le cache pas : 536 g avec batterie et bandeau, 60 Hz au plus, aucun réglage de dioptrie ni d’écart pupillaire, pas de Vue réelle. En échange, l’écran offre 54° de champ et vous gardez vos lunettes de vue dessous. Autonomie : 2,7 heures selon DJI. Pour un débutant myope, l’argument pèse lourd.

Tutoriel de la chaîne DJI Tutorials, l’assistance officielle de DJI (8 novembre 2024, 4 min 44, titre et description en anglais) : prise en main des DJI Goggles N3. La vidéo ne se charge qu’au clic.

Compatibilité lunettes DJI : le tableau drone par drone

C’est là que ça se corse. La compatibilité lunettes DJI ne tient pas qu’au casque : elle dépend aussi de la radiocommande, et la liste s’est allongée au fil des firmwares. Le schéma résume ce qu’affichent les pages officielles au 24 octobre 2026.

Tableau de compatibilité des lunettes FPV DJI avec les drones Avata, Neo, les modules O3 et O4 et les drones caméra
Quel casque pour quel drone, et avec quelle radiocommande (notes de version, FAQ et fiches techniques DJI, octobre 2026).

Avata 2, Avata 360, Neo et Neo 2

Parmi les drones vérifiés ici, l’Avata 2 est le seul à accepter les quatre lunettes FPV DJI. Pas avec n’importe quelle radiocommande : les DJI Goggles 3 et N3 vont avec le RC Motion 3 ou la radiocommande 3 DJI FPV, les DJI Goggles 2 et Integra uniquement avec le RC Motion 2 ou la radiocommande 2 DJI FPV, précise la FAQ de l’Avata 2. On ne mélange pas les générations.

Pour les modèles suivants, la porte se ferme aux anciens casques. Le Neo et le Neo 2 ne reconnaissent que les DJI Goggles 3 et DJI Goggles N3, associées au RC Motion 3 ou à la radiocommande 3 DJI FPV. Le Neo 2 réclame en plus l’émetteur-récepteur numérique DJI Neo 2, qui lui apporte la transmission O4 (sans lui, c’est du Wi-Fi), d’après sa FAQ officielle. Notre article sur le DJI Neo 2 qui vous suit partout détaille le reste.

Même logique pour l’Avata 360, ajouté à ces deux casques le 26 mars 2026 : DJI Goggles 3 ou DJI Goggles N3, avec le RC Motion 3 ou la radiocommande 3 DJI FPV. Figures acrobatiques et suivi de la tête exigent le duo lunettes et commande de mouvement. Le drone est décrit dans notre article DJI Avata 360, waypoints et règles de vol.

O3 et O4 Air Unit pour les drones maison

Côté FPV fait main, la gamme O4 Air Unit (O4 Air Unit et O4 Air Unit Pro) accepte les quatre casques depuis le 9 janvier 2025 : DJI Goggles 3 ou N3 avec la radiocommande DJI FPV 3, DJI Goggles 2 ou Integra avec la radiocommande DJI FPV 2. Avantage aux récents : en mode Course, la fiche technique de l’O4 Air Unit annonce 15 ms de latence avec les DJI Goggles 3 et 19 ms avec les N3. Les Goggles 2 et Integra, privées de ce mode, restent sous 30 ms.

L’ancienne O3 Air Unit reste l’affaire des DJI Goggles 3, des Integra et des Goggles 2 (plus les vieilles Goggles V2 DJI FPV). Les N3 n’y figurent pas, à vérifier avant de recycler un quad en O3. Si vous montez votre machine, notre guide pour construire son drone en kit rappelle les règles d’un appareil construit à titre privé.

Air 3, Mini 4 Pro et drones caméra

Moins connu : certains drones caméra se pilotent au casque. Les DJI Goggles 3 acceptent l’Air 3 et le Mini 4 Pro, avec le RC Motion 3, la DJI RC 2 ou la RC-N2. Les DJI Goggles 2 et Integra les prennent aussi, comme les Mavic 3, Mavic 3 Classic et Mavic 3 Pro (versions Cine comprises) et le Mini 3 Pro. Restriction sévère : seul le RC Motion 2 pilote alors. Les N3 n’apparaissent pas pour ces drones.

Quel casque acheter, ou garder, selon votre drone

En clair, partez du drone, pas du casque.

Vous débutez avec un Neo, un Neo 2 ou un Avata 360 ? Seules les DJI Goggles 3 et N3 entrent en jeu. Les N3 suffisent pour découvrir la vue subjective, surtout si vous portez des lunettes. Les Goggles 3 se justifient pour la Vue réelle, le 100 Hz, ou un casque qui servira aussi avec un Air 3, un Mini 4 Pro ou un quad en O3.

Vous avez déjà des DJI Goggles 2 ou des Integra ? Rien ne presse. Elles restent mises à jour et pilotent l’Avata 2 (avec le RC Motion 2 ou la radiocommande 2 DJI FPV), l’O3, l’O4, l’Air 3, le Mini 4 Pro, les Mavic 3 et le Mini 3 Pro. Leur limite tient en une ligne : le Neo, le Neo 2 et l’Avata 360 ne les acceptent pas.

Vous construisez vos machines et la course vous tente ? Le mode Course de l’O4 passe par les DJI Goggles 3 ou N3. Les courses se montent le plus souvent au sein de clubs et d’associations, un cadre décrit dans notre guide pour organiser une compétition FPV en France.

Détail souvent oublié : avec un drone caméra et les Goggles 3, une seule radiocommande pilote à la fois, et DJI demande d’éteindre les appareils d’une autre combinaison.

Vol en immersion : l’observateur à vos côtés est obligatoire

Reste la règle, et elle ne dépend d’aucun firmware. Le règlement d’exécution (UE) 2019/947, dans sa version consolidée du 1er mai 2025, pose à l’article 4, paragraphe 1, point d) une condition de la catégorie ouverte : le télépilote garde à tout moment une vue directe sur son drone. Deux exceptions seulement, le mode suivez-moi et l’emploi d’un observateur « comme précisé dans la partie A de l’annexe ».

Casque sur les yeux, plus de vue directe : sa définition (article 2, point 7) exige un contact visuel continu « sans aide ». Pour le vol en immersion, observateur et télépilote forment donc un binôme. L’article 2, point 24, décrit cet observateur comme une personne qui se tient aux côtés du pilote et suit le drone à l’œil nu. L’annexe ajoute une condition, au point 4 de l’UAS.OPEN.060 : une communication claire et efficace entre les deux.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne ne laisse aucun doute dans sa FAQ sur le vol avec lunettes FPV, mise à jour le 25 juin 2024 : le champ de vision d’un casque est trop étroit pour repérer les dangers autour du drone, il ne vaut donc pas vue directe, et un observateur est exigé pour tout vol FPV en catégorie ouverte. Placé à côté de vous, il doit pouvoir vous alerter immédiatement.

La DGAC tient la même ligne dans son guide de la catégorie Ouverte (édition 2, version 1.1 du 26 juillet 2026) : le vol en immersion est autorisé si une autre personne, à côté du télépilote, garde le drone en vue à tout instant et surveille le ciel comme le sol. Jeter un œil à un écran de contrôle n’en est pas, tant que le télépilote garde une perception suffisante du drone et de son environnement.

La Vue réelle des Goggles 3 ne remplace pas l’observateur

La Vue réelle règle-t-elle la question ? À notre lecture, non. Elle passe par les deux caméras du casque : c’est une image filmée, pas un contact visuel « sans aide ». Le guide de la DGAC veut un télépilote capable de contrôler la trajectoire « à la seule vue de l’aéronef », sans retour vidéo. DJI présente d’ailleurs cette fonction comme une aide au décollage et à l’atterrissage. Pas comme un moyen de voler seul.

Le mode suivez-moi, l’autre exception

En sous-catégorie A1, mode suivez-moi actif, le règlement autorise le vol jusqu’à 50 mètres du télépilote sans vue directe (UAS.OPEN.020, point 3). La DGAC recommande malgré tout fortement un observateur. Ce cas est détaillé dans notre article sur le drone en mode follow me.

Quelle sous-catégorie selon la classe de votre drone

L’observateur ne change rien au reste : 120 mètres de hauteur au plus, jamais de survol de rassemblements, et une sous-catégorie dictée par la classe inscrite sur le drone.

Le Neo (environ 135 g) et le Neo 2 (151 g, 160 g avec l’émetteur-récepteur) sont en classe C0, l’Avata 2 (environ 377 g) et l’Avata 360 (environ 455 g) en classe C1, selon leurs fiches techniques françaises. Tous relèvent de la sous-catégorie A1. Nuance : en C0, le survol de personnes non impliquées est permis, celui d’un rassemblement jamais. En C1, vous devez pouvoir estimer raisonnablement que personne de non impliqué ne sera survolé, et écourter tout survol imprévu.

Le C1 impose aussi une formation en ligne et un examen théorique (40 questions, au moins 75 % de bonnes réponses), passé en France sur AlphaTango, ainsi qu’une identification directe à distance et une géovigilance actives. Notre article sur les démarches pour un drone marqué C1 en fait le tour.

Un drone construit à titre privé reste en A1 sous 250 g et 19 m/s. Au-delà, c’est l’A3 : loin des personnes et à 150 mètres au moins des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives. L’agence européenne rappelle qu’un drone capable de plus de 19 m/s ne vole qu’en A3. L’observateur, lui, reste exigé dans tous les cas. Le détail des trois sous-catégories est dans notre point sur la catégorie ouverte.

Foire aux questions

Les Goggles 2 fonctionnent-elles avec le DJI Neo ou l’Avata 360 ?

Non. D’après les FAQ officielles de DJI, le Neo, le Neo 2 et l’Avata 360 ne sont compatibles qu’avec les DJI Goggles 3 et N3, associées au RC Motion 3 ou à la radiocommande 3 DJI FPV. Les Goggles 2 et Integra restent compatibles avec l’Avata 2, mais seulement avec le RC Motion 2 ou la radiocommande 2 DJI FPV.

Faut-il installer le firmware du 20 octobre 2026 ?

Il n’apporte aucune fonction, seulement des corrections. DJI demande que drone, casque et radiocommande soient à jour pour s’appairer. Avant l’installation, notez votre altitude de retour au point de départ et votre distance maximale : la mise à jour peut les réinitialiser.

L’observateur doit-il être formé ?

En catégorie ouverte, le règlement européen lui fixe trois conditions : se tenir aux côtés du télépilote, suivre le drone à l’œil nu et communiquer clairement avec lui. Le guide de la DGAC précise son rôle : garder le drone en vue, surveiller le ciel et la zone survolée. Choisissez quelqu’un qui comprend ce qu’il regarde.

À partir de quel âge peut-on piloter en immersion en France ?

L’âge minimal pour exploiter un drone en catégorie ouverte est de 14 ans en France, selon le site des ministères chargés des transports. Le vol en immersion suit les mêmes règles, observateur en plus. Un drone C1 demande en outre la formation et l’examen en ligne.

Sources

  • Règlement d’exécution (UE) 2019/947, version consolidée du 1er mai 2025 (EUR-Lex)
  • AESA, FAQ n° 140038, vol avec lunettes FPV (25 juin 2024)
  • AESA, FAQ n° 116511, lunettes FPV en catégorie ouverte
  • AESA, FAQ n° 119238, courses de drones et autorisations
  • DGAC, guide de la catégorie Ouverte, version 1.1 du 26 juillet 2026
  • Ministères chargés des transports, exploitation de drones en catégorie ouverte
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Sophie suit l'innovation : micro-drones, électronique embarquée, résistance au brouillage, nouveaux usages industriels et de livraison. Elle s'intéresse aussi à la navigation aérienne, des itinéraires VFR de nuit aux espaces temporaires, et à ce qu'elle implique pour les drones. Elle aime expliquer simplement comment fonctionnent les technologies qui font l'actualité. Au-delà de ces sujets, Sophie couvre aussi d'autres domaines du drone, de la réglementation aux usages professionnels et de loisir.

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