DJI Avata 360 : waypoints, RC Pro 2 et règles de vol en France
Le DJI Avata 360 a reçu le 20 octobre 2026 une mise à jour plus copieuse que d’habitude. Le firmware v01.00.0800 ajoute la radiocommande RC Pro 2, le vol par points de passage (les waypoints), un zoom dans FocusTrack et une bascule automatique de l’affichage Vision Assist. Cinq lignes dans des notes de version, pas plus.
Sauf qu’elles changent la façon de piloter ce drone 360°, et donc les règles qui s’appliquent à vous en France : écran ou lunettes, observateur ou pas, mission programmée ou pilotage manuel. Voici la fiche vérifiée, les nouveautés, ce que la loi demande, puis une comparaison avec l’Antigravity A1.
DJI Avata 360 : la fiche vérifiée, du poids au prix en France
Selon la fiche technique officielle de DJI France, lue le 23 octobre 2026, le DJI Avata 360 pèse environ 455 g au décollage. Il embarque deux capteurs carrés de 1/1,1 pouce (64 MP chacun) derrière deux objectifs fisheye de 200°. Résultat : de la vidéo 360° jusqu’en 8K à 60 images par seconde et des photos de 120 MP. La batterie promet environ 23 minutes de vol, mesurées en soufflerie, sans vent. Comptez moins dehors.
La vitesse plafonne à 18 m/s en mode Sport, 16 m/s en Normal (12 m/s par défaut). La transmission O4+ annonce 10 km en norme CE, loin des 20 km de la version FCC qui font les gros titres. La détection d’obstacles est omnidirectionnelle, avec un LiDAR vers l’avant, et les hélices tournent dans un carénage intégré. Détail qui fâchera les puristes : au mode manuel, la FAQ de DJI répond « Non ». Pas d’acro intégral.
Reste la ligne qui pèse le plus pour un télépilote français, tout en bas de la fiche : classe C1 (UE). On y revient plus loin.
Avata 360 : prix en France, kit par kit
Sur la boutique officielle DJI, le 23 octobre 2026 :
- drone seul : 459 €, sans radiocommande ni lunettes, pourtant nécessaires pour l’activer ;
- avec la radiocommande DJI RC 2 : 719 € ;
- Bundle Fly More (DJI RC 2) : 939 € ;
- Bundle Motion Fly More : 939 €, avec Goggles N3, RC Motion 3, trois batteries et une station de recharge ;
- Bundle Fly More de recharge 140 W GaN : 1 010,99 € (au lieu de 1 018,99 €).
L’Avata 360, prix d’appel à 459 €, ne vaut le coup seul que si vous possédez déjà des Goggles 3 ou N3 avec une RC Motion 3, ou une RC 2, RC-N2 ou RC-N3 : DJI l’écrit lui-même. Pour un premier achat en immersion, le Motion Fly More est le seul calcul qui tient. La vidéo de lancement du DJI Avata 360 le montre sous tous les angles.
Avata 360 : mise à jour du 20 octobre 2026, ce qui change vraiment
Dans les notes de DJI, le DJI Avata 360 passe en v01.00.0800 et l’application DJI Fly doit être en v1.21.16. Côté Avata 360, RC Pro 2 et RC 2 reçoivent chacune leur firmware (V01.00.0900 et v10.00.0900), tout comme les Goggles N3 et Goggles 3. Au menu : la RC Pro 2, le vol par points de passage, le zoom de FocusTrack, l’orientation automatique de Vision Assist. Plus les sempiternelles « corrections de problèmes connus ».
Une remarque enterrée en bas du document compte plus que les nouveautés : la mise à jour peut réinitialiser l’altitude de retour (RTH) et la distance maximale. Sur l’Avata 360, mise à jour faite, revérifiez donc ces deux réglages. Un retour automatique trop bas au-dessus d’une rangée de peupliers risque de finir dans une branche.
C’est la sixième version listée par DJI, en comptant celle du lancement, le 26 mars 2026. Mars portait le mode Sport à 18 m/s, juin ajoutait la 4K à 100 images par seconde en 360° ; avril, juillet et septembre ne corrigeaient que des bugs. Octobre est la plus fournie depuis juin.
Avata 360 RC Pro 2 : un écran de 7 pouces, à quel prix ?
La DJI RC Pro 2 est la radiocommande à écran haut de gamme de la marque. Sa fiche technique annonce une dalle de 7,02 pouces, 2 000 nits en pointe, 128 Go de stockage et environ 750 g. Prix : 999 € sur la boutique française. Un Avata 360, RC Pro 2 achetée à part, revient donc à 1 458 €.
Franchement, l’achat ne se défend que si vous l’avez déjà pour un Mavic 4 Pro ou un DJI Mini 5 Pro, présents dans sa liste de compatibilité. Au 23 octobre, cette liste ne cite d’ailleurs pas encore l’Avata 360 : seule la note de version l’annonce. L’intérêt réel ? Un écran lumineux pour cadrer en plein soleil, sans dépendre d’un téléphone.
Avata 360 waypoints : ce que DJI dit, et ce qu’il tait
La note de version écrit « Waypoint Flight », sans plus : ni nombre maximal de points, ni actions possibles à chaque étape. Selon le premier essai publié par DroneXL, la mission se dessine sur une carte, avec des points d’intérêt facultatifs. Pour un drone 360°, l’idée séduit : même trajectoire rejouée, cadrage choisi au montage. Mais rien n’est documenté par le constructeur. À tester avant d’y bâtir une prestation.
FocusTrack et Vision Assist : deux retouches utiles
FocusTrack, la suite de suivi de sujet, gagne un zoom. Vision Assist, la vue d’assistance en Full HD et en couleurs décrite sur la page produit, change désormais seule d’orientation ; d’après DroneXL, elle suit la direction du vol. Pour qui recule entre deux arbres, ce n’est pas un gadget.
Vol en immersion : l’observateur reste obligatoire

Quand vous pilotez le DJI Avata 360 aux lunettes, Goggles N3 sur le nez, vous ne voyez plus le drone. Or l’article 4, paragraphe 1, point d) du règlement d’exécution (UE) 2019/947 pose la règle de la catégorie ouverte : le télépilote conserve à tout moment une vue directe sur l’aéronef, sauf en mode suivez-moi ou s’il utilise un observateur. Aux lunettes, c’est donc l’observateur. Point.
Le guide DSAC de la catégorie ouverte (version du 26 juillet 2026) le décrit : il se tient à côté de vous, garde l’aéronef en vue, surveille le ciel et le sol. L’EASA veut qu’il puisse vous dire immédiatement d’atterrir, et le règlement exige une communication claire entre vous deux (UAS.OPEN.060, point 4). Un ami au bout du champ avec un talkie-walkie ne coche pas la case.
Et l’écran ? Le guide DSAC précise que consulter un retour vidéo n’est pas du vol en immersion si le télépilote garde, par un circuit visuel approprié, une perception suffisante de l’aéronef. Avec l’Avata 360 (RC Pro 2 en main), vous pouvez donc voler seul, à condition de lever souvent les yeux. Avec des lunettes, jamais.
Le mode suivez-moi, lui, échappe à l’obligation en sous-catégorie A1 jusqu’à 50 m du télépilote (UAS.OPEN.020, point 3). Quant aux courses, l’EASA rappelle que les spectateurs n’y sont pas admis en catégorie ouverte ; notre guide pour organiser une compétition FPV en France détaille les autres options.
Classe C1 : ce que le DJI Avata 360 impose en sous-catégorie A1
La classe C1 est définie par le règlement délégué (UE) 2019/945 : moins de 900 g charge utile comprise (ou une énergie d’impact inférieure à 80 J), 19 m/s au plus en palier, une identification directe à distance intégrée. Avec 455 g et 18 m/s, le DJI Avata 360 entre dans les clous. Il vole donc en sous-catégorie A1, près des personnes.
Près, pas au-dessus. Pour un C1, le règlement 2019/947 (UAS.OPEN.020) demande que vous puissiez raisonnablement estimer qu’aucune personne étrangère au vol ne sera survolée ; en cas de survol imprévu, vous en réduisez la durée au maximum. Les rassemblements restent interdits dans tous les cas. Le carénage rassure, il ne change rien au droit.
Les démarches avant le premier vol
D’abord, l’enregistrement comme exploitant sur AlphaTango, obligatoire au-delà de 250 g ou dès qu’un drone qui n’est pas un jouet porte une caméra, rappelle la page du ministère sur la catégorie ouverte. Ensuite, la formation et l’examen en ligne « OPEN A1/A3 », gratuits : le règlement exige au moins 75 % de bonnes réponses et l’attestation vaut cinq ans, selon la page Formation catégorie Ouverte. Le détail des démarches pour un drone marqué C1 fait l’objet d’un article à part.
Reste l’identification directe à distance. Un C1 doit pouvoir recevoir le numéro d’enregistrement de l’exploitant et le diffuser en temps réel pendant tout le vol. Avant chaque décollage, vous vérifiez qu’elle est active et à jour (UAS.OPEN.060, point 1 d) ; la géovigilance doit l’être aussi. Ne la confondez pas avec le signalement électronique français, qui vise les drones de plus de 800 g : notre guide du signalement électronique fait la différence.
Le reste ne dépend pas de la classe : 120 m de hauteur maximale, vol de nuit interdit sauf dérogation du préfet, pas de vol en catégorie ouverte dans l’espace public en agglomération. Vue d’ensemble dans notre point sur la réglementation européenne en catégorie ouverte.
Avata 360, waypoints et catégorie ouverte : gardez la main
Une mission programmée est-elle légale ? Oui, à une condition. L’EASA distingue le vol automatique, où le drone suit une route définie avant le décollage, du vol autonome, où il se débrouille sans pilote. Le premier est permis dans toutes les catégories, le second est interdit en catégorie ouverte. Pour la DSAC, le vol automatique est autorisé si le télépilote peut reprendre le contrôle manuel à tout moment.
Une mission sur l’Avata 360, waypoints compris, ne vous dispense donc de rien. Le drone reste en vue directe, la vôtre ou celle d’un observateur. Vos mains restent sur les manches, prêtes à couper la mission. Et le tracé respecte les zones géographiques, dont le règlement vous impose de vous informer avant le vol (UAS.OPEN.060, point 1 b).
Deux outils se complètent ici. La carte des restrictions UAS sur Géoportail fait foi pour la France ; les zones GEO de DJI peuvent bloquer un décollage pour leurs propres raisons, et notre procédure de déverrouillage DJI GeoZone explique la marche à suivre. Une mission dessinée sur une application ne vaut pas autorisation. Le piège est là. Pour l’Avata 360, mise à jour oblige, ajoutez un contrôle de l’altitude de retour avant la première mission.
DJI Avata 360 ou Antigravity A1 : la comparaison sur fiches officielles

L’Antigravity A1, que nous présentions comme le premier drone 360° au monde, reste le rival direct. Et les deux fiches ne racontent pas la même histoire.
Le poids, d’abord. La fiche de l’A1 indique 249 g avec la batterie standard, soit la classe C0, et 291 g avec la batterie haute capacité, qui le fait passer en C1. Le DJI Avata 360 est C1 dans tous les cas. Un A1 en C0 n’impose donc pas l’examen en ligne en sous-catégorie A1, que le règlement réserve au C1.
L’image et le vol, ensuite : deux capteurs de 1/1,1 pouce et de la 8K à 60 images par seconde chez DJI, un capteur de 1/1,28 pouce et de la 8K à 30 images par seconde chez Antigravity. L’autonomie penche de l’autre côté : 24 minutes pour l’A1 (39 en haute capacité) contre 23. La détection d’obstacles n’a rien à voir : omnidirectionnelle chez DJI, vers l’avant et le bas seulement chez Antigravity.
Côté Avata 360, prix et contenu jouent pour DJI. Sur la boutique française d’Antigravity, le pack standard (lunettes Vision, Grip, une batterie) coûte 1 399 €, contre 939 € pour le Motion Fly More et ses trois batteries. Notre lecture : l’A1 garde l’avantage du C0 et de l’autonomie, l’Avata 360 celui de l’image, de la détection et du ticket d’entrée en immersion.
Foire aux questions
Faut-il un observateur pour piloter le DJI Avata 360 avec des lunettes ?
Oui. En catégorie ouverte, voler avec des Goggles N3 ou Goggles 3 vous prive de la vue directe exigée par l’article 4 du règlement 2019/947. Un observateur se tient à côté de vous, garde le drone en vue et vous prévient du danger. Avec une radiocommande à écran, vous pouvez voler seul, drone en vue.
Avata 360 : waypoints ou vol autonome, quelle différence ?
Une mission par points de passage est un vol automatique : le drone suit une route définie avant le décollage. C’est permis en catégorie ouverte tant que vous pouvez reprendre le contrôle manuel à tout moment. Le vol autonome, sans intervention possible, y est interdit. Le drone reste en vue directe pendant toute la mission.
Avata 360 : prix réel avec lunettes, combien prévoir ?
939 € pour le Bundle Motion Fly More sur la boutique officielle DJI, le 23 octobre 2026, avec Goggles N3, RC Motion 3 et trois batteries. Le drone seul coûte 459 € et la version avec RC 2, 719 €. La RC Pro 2, compatible depuis la mise à jour d’octobre, se vend 999 € à part.
Quelle formation pour un drone de classe C1 comme le DJI Avata 360 ?
La formation en ligne « OPEN A1/A3 » et son examen, gratuits et accessibles depuis AlphaTango. Pour un C1, le règlement exige au moins 75 % de bonnes réponses ; l’attestation vaut cinq ans dans toute l’Union européenne. Il faut aussi vous enregistrer comme exploitant, le drone dépassant 250 g.
Sources
- Règlement d’exécution (UE) 2019/947, version consolidée du 1er mai 2025
- Règlement délégué (UE) 2019/945, version consolidée du 24 juin 2025
- DGAC, guide DSAC catégorie Ouverte, version 1.1 du 26 juillet 2026
- Ministère, exploitation de drones en catégorie ouverte
- Ministère, formation catégorie Ouverte UAS
- EASA, FAQ n° 116511 (lunettes en catégorie ouverte)
- EASA, FAQ n° 140037 (FPV et vue directe)
- EASA, FAQ n° 116449 (drone automatique ou autonome)
- Géoportail, restrictions UAS catégorie ouverte et aéromodélisme

