Global Mapper se loue désormais à l’année. Depuis le 28 septembre 2026, Blue Marble Geographics vend son logiciel SIG en trois niveaux d’abonnement : Essentials à partir de 599 $, Advanced à partir de 1 199 $ et Professional à partir de 2 199 $ par an. La photogrammétrie par drone et le traitement lidar ne figurent que dans le dernier.
Le site spécialisé DroneLife a relayé l’annonce de la nouvelle offre le 1er novembre 2026. Pour un télépilote qui sort des orthophotos, des modèles de terrain ou des volumes de stock, la question est double : que paie-t-on pour quels outils, et que devient une ancienne licence ? Les prix cités plus bas ont été relevés le 1er novembre 2026 sur la page de l’éditeur et chez son distributeur français.
Global Mapper : abonnement annuel à la place de la licence perpétuelle
Jusqu’ici, on achetait une licence une fois pour toutes, puis on ajoutait si on le voulait un contrat de maintenance et de support (M&S, dans le jargon de l’éditeur). Ce modèle s’arrête. Le communiqué du 28 septembre 2026 annonce une offre unique, annuelle, attribuée à une personne nommée et non plus à un ordinateur.
La foire aux questions de Blue Marble est nette : licences perpétuelles et contrats M&S ne sont plus vendus depuis septembre 2026, ni à l’achat ni en renouvellement. Les postes se gèrent dans un portail en ligne, Blue Marble Hub, où l’on se connecte avec un compte Apple, Google ou Microsoft. Le logiciel, lui, reste installé sur votre machine. Une première connexion à Internet sert à l’activer, puis il peut tourner hors ligne pendant un temps (le mode itinérance de l’éditeur).
Deux détails pèsent plus qu’ils n’en ont l’air. Le renouvellement est automatique par défaut (on peut le couper dans le Hub). Et sans abonnement actif, le programme ne démarre plus : vos fichiers restent sur le disque, mais vous ne pouvez plus les ouvrir dans Global Mapper. Une licence ne tourne que sur un appareil à la fois, ce qui compte si vous passez du bureau au portable de terrain.
En échange, l’éditeur promet quatre versions par an (deux majeures, deux mineures), contre deux pour les licences perpétuelles. Le contexte explique le virage. Blue Marble et Avenza Systems, l’éditeur de l’application mobile Avenza Maps, ont réuni leurs activités le 7 avril 2026 sous la seule marque Blue Marble, avec l’idée de relier le traitement au bureau et le travail sur le terrain.
Prix de Global Mapper : ce que chaque niveau contient
Les trois niveaux s’empilent : Advanced contient tout Essentials, Professional contient tout Advanced. Les montants sont annoncés « à partir de », par utilisateur et par an, sur la page abonnement de Blue Marble. Le distributeur français, Géom@tique, affiche les mêmes chiffres en euros hors taxes.
| Niveau | Éditeur (à partir de, par an) | Distributeur français (HT, par an) | Ce qui sert au télépilote |
|---|---|---|---|
| Essentials | 599 $ | 599 € | Visualisation 2D et 3D, conversion de formats, reprojection, fonds en ligne ; ni fichiers LAS/LAZ ni analyse de terrain |
| Advanced | 1 199 $ | 1 199 € | Lecture LAS/LAZ, courbes de niveau, calcul de volumes et déblais/remblais, scripts, MAPublisher, Geographic Calculator |
| Professional | 2 199 $ | 2 199 € | Pixels to Points, classification lidar automatique, calcul NDVI, lignes de rupture, classification d’images par IA |
Le tableau détaillé de l’éditeur réserve à Professional la photogrammétrie et le lidar avancé. Advanced reste intéressant si vos orthophotos et vos modèles numériques de terrain sortent déjà d’un autre logiciel : on y trouve les courbes de niveau, les bassins versants, les volumes. MAPublisher, inclus dès Advanced, est une extension d’Adobe Illustrator : sans Illustrator (vendu à part), elle ne sert à rien.

Pas de minimum de postes : un indépendant peut prendre un seul abonnement. Les écoles et les usages non commerciaux passent par une grille à part, sur demande. Blue Marble a publié le 30 octobre 2026 un webinaire de présentation de l’offre, avec une démonstration du Hub.
Ce que Global Mapper fait d’un vol de drone

Global Mapper est un SIG de bureau. Il intervient après le vol, quand les photos sont sur le disque. L’éditeur annonce plus de 300 formats lus, ce qui évite pas mal de conversions entre logiciels.
Pour un télépilote, la chaîne type ressemble à ceci : des images qui se recouvrent, transformées en orthophoto, nuage de points et modèle numérique de terrain, puis des mesures sur ces livrables. Courbes de niveau, profils en long, analyse de visibilité, simulation d’inondation, calcul de volumes entre deux surfaces. Si la photogrammétrie par drone vous est encore floue, commencez par là : Global Mapper n’apprend pas à faire un bon recouvrement.
Le calcul de volumes parlera à ceux qui font de la cubature par drone sur des carrières ou des chantiers. Et pour les relevés livrés à un géomètre ou un bureau d’études, notre liste de contrôle des livrables topographiques reste valable quel que soit le logiciel.
Un rappel au passage : le logiciel ne change rien aux règles du vol. La prise de vues reste encadrée par le règlement d’exécution (UE) 2019/947, catégorie ouverte ou spécifique selon la mission.
Pixels to Points, la photogrammétrie intégrée
Pixels to Points est l’outil de photogrammétrie de Global Mapper. À partir de photos de drone qui se chevauchent, il calcule un nuage de points dense, une orthophoto et un modèle 3D texturé. Dans la nouvelle offre, il n’existe qu’au niveau Professional. C’est le vrai ticket d’entrée pour un télépilote qui veut tout faire dans un seul logiciel.
L’outil n’est pas neuf. Depuis la version Pro 25.1, sortie en février 2024, un gestionnaire de points d’appui cherche tout seul les cibles au sol dans les images qui se recouvrent. Le placement reste à vérifier, mais le pointage clic par clic diminue. Si votre drone vole en positionnement RTK, relisez aussi ce que le RTK garantit avant de décider combien de cibles poser.
La nouveauté de l’automne 2026, réservée aux abonnés, concerne le multispectral. Selon le distributeur français, Pixels to Points accepte maintenant des images de plus de trois bandes : nuages de points jusqu’à quatre bandes, orthophotos avec autant de bandes que nécessaire, à condition d’avoir une bande par image. Pour qui vole avec un capteur multispectral en agriculture, ça évite un logiciel de plus.
Côté matériel, la configuration publiée par Géom@tique demande 16 Go de mémoire au minimum pour Pixels to Points et en recommande 64, avec une carte graphique NVIDIA de série RTX 20 ou plus récente. Avant de payer, vérifiez votre machine. Et si vous volez avec un appareil léger, nos missions de photogrammétrie avec un DJI Mini détaillent la préparation du vol, quel que soit le logiciel de calcul derrière.
Global Mapper lidar : nuages de points et LiDAR HD de l’IGN
Le tableau de Blue Marble sépare deux choses. Lire des fichiers LAS ou LAZ, les afficher et les filtrer : c’est possible dès Advanced. Classer automatiquement un nuage (sol, bâtiments, végétation, lignes électriques, poteaux), en extraire des entités, comparer deux nuages pour détecter des changements : tout cela demande Professional. Deux outils arrivent avec l’abonnement, un aperçu en direct des réglages de classification et la classification automatique des troncs d’arbres, utile en forêt.
Pour un télépilote équipé d’un LiDAR embarqué sur drone, Professional est donc le seul niveau qui tienne. Mais le lidar ne vient pas forcément de votre drone. L’IGN diffuse les nuages de points LiDAR HD : au moins 10 impulsions par mètre carré (5 au-dessus de 3 200 m d’altitude), classés en 11 catégories, avec une couverture annoncée de la France métropolitaine et des DROM, hors Guyane, d’ici 2026.
Le tutoriel officiel détaille la marche à suivre dans Global Mapper. On ouvre les dalles au format LAZ (en Lambert 93, altitudes IGN69), on colore les points selon leur classe, on filtre pour ne garder que la classe 2, le sol, puis on crée une grille d’altitude. Résultat : un MNT local, sans avoir volé. Pratique pour préparer une mission. Notez que cartes.gouv.fr réserve l’exploitation du LiDAR HD à la version « Pro » du logiciel, devenue le niveau Professional dans la grille de correspondance de l’éditeur.
Données IGN dans Global Mapper : le tutoriel de cartes.gouv.fr
Le point fort du logiciel pour un utilisateur français se trouve sur un site public. La page Global Mapper de cartes.gouv.fr, mise à jour le 27 mai 2026, rappelle que le logiciel existe en version française et que Géom@tique en est le distributeur exclusif pour la francophonie. Elle renvoie vers un tutoriel PDF de 34 pages en trois volets : données IGN intégrées, données en ligne personnalisées, LiDAR HD.
Le premier volet est le plus simple. Dans le menu Fichier, l’outil « Télécharger en ligne des cartes d’imagerie/topo/terrain » propose déjà un dossier France alimenté par l’IGN : limites administratives, modèle numérique de terrain du RGE ALTI, Ortho 20 cm et Ortho 50 cm, parcellaire cadastral (PCI vecteur), Plan IGN. L’exemple du tutoriel charge le RGE ALTI dans un rayon de 10 km autour de Saint-Jean-de-Maurienne.
Le deuxième volet montre comment ajouter une source WMS, WMTS ou WFS de la Géoplateforme. L’adresse du service WMTS figure dans l’aide de cartes.gouv.fr. Concrètement, poser votre orthophoto de drone sur l’Ortho 20 cm permet de vérifier d’un coup d’œil qu’elle tombe au bon endroit. Et ces fonds sont lisibles dès Essentials, puisque l’accès aux données en ligne fait partie du socle.
Licence perpétuelle ou abonnement : le vrai calcul
Vous avez acheté Global Mapper avant septembre 2026 ? Votre licence vous appartient et continue de tourner sur sa version. Une Global Mapper 24, sortie le 27 septembre 2022, s’ouvre toujours. Ce qui change, c’est la suite : plus aucune nouvelle fonction pour le perpétuel, et plus de correctifs dès que votre contrat M&S arrive à échéance, puisqu’il ne se renouvelle plus.
Pour passer à l’abonnement, l’éditeur donne une grille de correspondance. Une ancienne licence Standard utilisée pour consulter et convertir va vers Essentials ; si elle servait aux courbes de niveau ou aux bassins versants, vers Advanced. Une ancienne Pro va vers Professional pour le lidar et la photogrammétrie, vers Advanced sinon. Blue Marble le dit lui-même : un utilisateur Pro n’a pas forcément besoin de Professional.
Le calcul est vite fait pour un télépilote qui sort trois ou quatre orthophotos par an. Payer 2 199 $ chaque année pour Pixels to Points, c’est cher si une vieille licence Pro fait déjà le travail. Pour un bureau d’études qui traite du lidar chaque semaine, l’équation est différente : quatre versions par an et le multispectral peuvent valoir le prix. Avant de trancher, l’éditeur propose un essai gratuit de 14 jours avec l’accès complet à Professional. Testez-le sur l’un de vos propres vols, avec vos photos et votre matériel.
Limites et alternatives
Première limite, et elle est franche : Global Mapper ne tourne que sous Windows 10 ou 11 d’après la configuration publiée par le distributeur. Aucune version macOS n’y figure. Deuxième limite, le prix d’entrée de la photogrammétrie : elle est réservée au niveau le plus cher, et ce montant revient chaque année.
Les alternatives existent, à condition d’accepter plus de manipulations. QGIS est libre, gratuit, disponible sous Windows, Mac et Linux, et cartes.gouv.fr publie aussi un tutoriel QGIS pour les flux de la Géoplateforme. Pour la photogrammétrie, OpenDroneMap est une boîte à outils libre de traitement d’images aériennes, développée depuis 2014. WebODM, DJI Terra, Pix4D et cinq autres outils sont passés en revue dans notre guide du logiciel de photogrammétrie.
QGIS et OpenDroneMap ensemble ne coûtent rien en licence, mais demandent du temps et deux logiciels à maîtriser. Global Mapper vend l’inverse : un seul programme, avec le support et les mises à jour compris. Tout se joue sur votre volume de missions.
Foire aux questions
Global Mapper est-il gratuit ?
Non. Le logiciel est payant, par abonnement annuel à partir de 599 $ pour Essentials. Blue Marble propose en revanche un essai gratuit de 14 jours qui donne accès à tout le niveau Professional, Pixels to Points compris, sans carte bancaire. Les établissements d’enseignement et les usages non commerciaux relèvent d’une offre à part, à demander à l’éditeur ou au distributeur.
Global Mapper existe-t-il en français ?
Oui. La page Global Mapper de cartes.gouv.fr indique que le logiciel est disponible en version française et que Géom@tique en est le distributeur exclusif pour la francophonie. Le tutoriel officiel de la Géoplateforme utilise d’ailleurs les menus en français, par exemple « Télécharger en ligne des cartes d’imagerie/topo/terrain ».
Une licence Global Mapper 24 fonctionne-t-elle encore ?
Oui, elle continue de fonctionner sur sa version. Elle ne recevra plus de nouvelles fonctions. Le support et les correctifs ne durent que jusqu’à la fin de votre contrat de maintenance en cours, puisque Blue Marble ne vend plus de contrats depuis septembre 2026. À l’échéance, vous gardez la licence ou vous passez à l’abonnement.
Quel niveau choisir pour la photogrammétrie par drone ?
Professional, car Pixels to Points n’existe qu’à ce niveau. Si vos orthophotos et vos modèles de terrain sont déjà calculés par un autre logiciel, Advanced suffit pour les courbes de niveau, les bassins versants et les volumes, d’après le tableau de l’éditeur. Essentials ne lit ni les fichiers LAS ni les fichiers LAZ.
Sources
- cartes.gouv.fr : tutoriels pour utiliser les API de la Géoplateforme avec Global Mapper (modifié le 27 mai 2026)
- Géoplateforme : tutoriel « Comment utiliser avec Global Mapper les services web délivrés par la Géoplateforme ? » (PDF)
- cartes.gouv.fr : nuages de points LiDAR HD de l’IGN (modifié le 16 décembre 2025)
- cartes.gouv.fr : images tuilées WMTS de la Géoplateforme (modifié le 31 août 2026)
- cartes.gouv.fr : tutoriel QGIS pour la Géoplateforme
- EUR-Lex : règlement d’exécution (UE) 2019/947 concernant les règles et procédures applicables à l’exploitation d’aéronefs sans équipage à bord

