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Accueil Matériel drone

Drone sous-marin : ROV de loisir, modèles pros, prix et règles en France

Sophie Par Sophie
4 novembre 2026
dans Matériel drone
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Illustration : petit drone sous-marin générique mis à l’eau à la main depuis le pont d’un voilier, câble jaune lové sur le pont

Un drone sous-marin est un robot de plongée sans personne à bord, relié à la surface par un câble (ROV) ou programmé pour plonger seul (AUV). Le plus petit modèle de Chasing coûte 639 € au 4 novembre 2026. Et il échappe à la DGAC comme à l’EASA : n’étant pas un aéronef, il relève du droit de la mer.

Pourquoi en parler sur un blog de télépilotes ? Parce que le mot trompe. On achète un « drone », on cherche AlphaTango et la catégorie ouverte, et rien de tout cela ne concerne cet engin. Nous n’avons eu aucun de ces appareils entre les mains : ce qui suit vient des fiches des fabricants et des textes relus sur Légifrance le 4 novembre 2026.

Drone sous-marin : ROV filoguidé ou AUV autonome

Illustration : drone sous-marin générique relié à son câble jaune, en plongée au-dessus d’un fond rocheux
Image d’illustration générée par IA, sans rapport avec un modèle cité.

La NOAA américaine pose la différence simplement. Le ROV est un drone sous-marin sans occupant, relié à son navire par des câbles et piloté à distance. L’AUV n’a aucun câble : il suit sa mission sans intervention humaine.

Le câble n’a rien d’un archaïsme. L’Ifremer le rappelle : sous l’eau, la radio, le GPS et les signaux lumineux passent mal. Pour voir en direct et corriger une trajectoire, il faut un fil physique. Celui de Victor 6000, le grand ROV sous-marin de l’institut, mesure 8 000 m. Les AUV de la même flotte, eux, ne livrent leurs données qu’en fin de plongée.

Le vocabulaire se brouille avec le drone aquatique, expression sans définition dans les textes lus pour cet article. Elle peut désigner un ROV, un engin de surface ou un appareil volant étanche comme le HoverAir Aqua, qui reste un aéronef. Devant un drone aquatique, regardez donc s’il vole, s’il flotte ou s’il plonge. Les règles changent.

Prix drone sous-marin : les tarifs officiels au 4 novembre 2026

Chasing affiche des euros sur la version française de son site. QYSEA et Blue Robotics affichent des dollars, et la boutique de QYSEA dit ne livrer directement que les États-Unis et le Canada. Pour ces deux marques, nous n’avons donc aucun prix officiel en euros à vous donner.

ModèleLongueurProfondeurCâblePrix officiel
Chasing Dory247 mm15 m15 m, bouée Wi-Fi639 €
Dory Explore247 mm15 m14,5 m, bouée699 €
Gladius Mini S400 mm100 m100 ou 200 m1 449 ou 1 649 €
Chasing M2 S380 mm100 m100 ou 200 m2 799 à 4 299 €
M2 Pro Max608 mm200 m200 msur demande
BlueROV2457 mm100 ou 300 m25 à 300 mdès 4 900 $
FIFISH V-EVOnon relevée100 mnon relevédès 1 399 $
FIFISH E-GOnon relevée100 ou 200 mnon relevédès 6 649 $

Le Dory, le Dory Explore et le Gladius Mini S étaient remisés le jour du relevé (709 €, 769 € et 1 599 € barrés pour leur premier pack). Les conditions de vente de Chasing disent que ses prix peuvent changer sans préavis et laissent frais de port, assurance et droits de douane au client. Regardez le total au panier.

Que paie-t-on en passant de 639 à 1 449 € ? De la profondeur (15 m contre 100 m), du câble et une image 4K au lieu de la 1080p. Chasing présente le Dory comme le moins cher au monde, sans comparatif sur sa page.

Drone sous-marin avec caméra : ce que vous pouvez en attendre

Le Dory filme en 1080p, avance à 1,5 nœud au maximum, tient jusqu’à une heure, et Chasing lui-même conseille les eaux calmes, loin des courants rapides et des fortes vagues. Autant dire une caméra de crique. Le Gladius Mini S change de catégorie : 4K, 200 m de rayon, une griffe, un support de caméra d’action et jusqu’à 4 heures annoncées.

Le ROV sous-marin professionnel

Le M2 S, que Chasing appelle ROV industriel d’entrée de gamme, pèse 4,5 kg et compte huit propulseurs. Le M2 Pro Max monte à 8 kg et 400 m de rayon horizontal, avec une option d’alimentation depuis le quai. Chez QYSEA, le FIFISH E-GO vise l’inspection de ponts, les secours et l’aquaculture, avec 5 kg de charge utile et un bras en accessoire. Le BlueROV2 mise sur un logiciel ouvert.

Coques, plateformes en mer, infrastructures, aquaculture : la liste des usages de Chasing recoupe ce que les appareils volants font déjà en inspection industrielle et, pour le câble, en espace confiné. Ces chiffres sont ceux des fabricants : rien ne dit ici ce qu’un drone sous-marin professionnel donne dans un courant réel.

Le drone sous-marin devant le code des transports

Le code des transports appelle aéronef « tout appareil capable de s’élever ou de circuler dans les airs », et le règlement européen 2019/947 vise l’exploitation d’aéronefs sans équipage à bord. Un drone sous-marin sort donc de tout ce que vous connaissez de la réglementation des drones aériens.

L’ordonnance du 13 octobre 2021 a créé le drone maritime : un engin flottant de surface ou sous-marin, opéré à distance ou par ses propres systèmes, sans personnel, passager ni fret à bord. Le décret du 22 mai 2024 a fixé les seuils à l’article R. 5000-1. Il faut les cumuler : plus de 1 m et moins de 16 m de long, 20 nœuds au plus, moins de 300 kJ d’énergie cinétique, jauge brute sous 100.

Reprenez le tableau. Dory, 247 mm. M2 S, 380 mm. Gladius Mini S, 400 mm. BlueROV2, 457 mm. M2 Pro Max, 608 mm hors projecteur. Aucun n’atteint le mètre : aucun n’est un drone maritime, et le certificat, l’enregistrement et les lettres DRN ne les visent pas. Le code ne dit pas pour autant quel statut prend un drone sous-marin plus court. Sur ce point, les textes ne tranchent pas, et nous n’irons pas plus loin qu’eux.

Schéma : les trois situations d’un drone sous-marin devant le code des transports, selon sa longueur et le lieu d’où il est commandé
Trois situations selon la longueur de l’engin et l’endroit d’où vous le commandez.

Depuis le rivage : le maire

L’article L. 2213-23 du code général des collectivités territoriales confie au maire la police des activités nautiques pratiquées à partir du rivage « avec des engins de plage et des engins non immatriculés », jusqu’à 300 m de la limite des eaux. Un drone sous-marin n’y est pas nommé, mais la formule est large. Le maire doit aussi faire connaître ses règles en mairie et sur les lieux : lisez-les avant de dérouler le câble.

Depuis un bateau français : le statut d’annexe

Là, le texte surprend. L’article L. 5111-1-1 vise tout engin de surface ou sous-marin sans personne à bord, commandé à partir d’un navire sous pavillon français : il doit porter des marques extérieures. L’article D. 5111-10 l’assimile à une annexe et impose les lettres « AXE DRN », suivies du nom et du port d’enregistrement du bateau. L’arrêté du 16 avril 2026 cite le filoguidage à son article 2 et demande pour ces annexes des caractères de 4 cm sur 1,5 cm sous 7 m de long, plus une plaque aux coordonnées de l’armateur.

Aucun de ces textes ne fixe de taille minimale. Lu à la lettre, un drone sous-marin de 25 cm mis à l’eau depuis votre voilier entre dans le dispositif. Est-ce bien l’intention ? Nous n’avons trouvé ni dispense ni réponse officielle. Posez la question à la direction départementale des territoires et de la mer avant la première sortie.

Au-delà de 1 mètre : un vrai régime

Un drone sous-marin plus long devient drone maritime, même de loisir : l’article R. 5000-2 prévoit l’usage personnel. Il faut alors un certificat d’opérateur, exigé depuis le 24 novembre 2025, plus une formation dispensée par le fabricant. Sans eux, l’amende est celle des contraventions de 5e classe. S’ajoutent l’enregistrement, les lettres DRN sur la coque et une analyse de risques.

Une exception reste floue. L’article R. 5000-1 écarte les engins « radiocommandés » situés à 300 m ou moins du rivage et relevant du maire. Un ROV sous-marin de 1,20 m piloté par câble depuis la plage est-il radiocommandé ? Le texte ne le dit pas.

Épaves et détecteur de métaux : le code du patrimoine

Chasing vend le Dory Explore comme un « drone sous-marin équipé d’un détecteur de métaux pour la chasse au trésor », livré avec un filet, et sa fiche technique annonce une pièce de 22 mm repérée à 4 cm. Le Gladius Mini S accepte une griffe.

Le code du patrimoine appelle biens culturels maritimes les gisements, épaves et vestiges présentant un intérêt préhistorique, archéologique ou historique, situés dans le domaine public maritime ou au fond de la mer dans la zone contiguë. Si votre drone sous-marin en découvre un, vous devez le laisser en place et le déclarer dans les 48 heures, ou à l’arrivée au premier port (article L. 532-3). La démarche passe par le DRASSM, le service d’archéologie sous-marine de l’État. Ne pas déclarer coûte 3 750 € d’amende (article L. 544-5).

La prospection est plus stricte. « Nul ne peut procéder à des prospections à l’aide de matériels spécialisés permettant d’établir la localisation d’un bien culturel maritime » sans autorisation préalable, dit l’article L. 532-7, et tout déplacement ou prélèvement demande la même autorisation. L’amende monte à 7 500 € (article L. 544-6). En 2016, le Conseil d’État a jugé le cas d’un prospecteur ayant localisé une épave au détecteur électronique, hors de la zone autorisée : déclaration à enregistrer, poursuites pénales possibles.

Le texte ne nomme ni robot ni détecteur. Un capteur qui porte à 4 cm est-il un « matériel spécialisé » ? Aucun texte lu ne le dit. Retrouver votre montre au mouillage n’a rien d’archéologique. Partir chercher une épave avec ce kit, en revanche, ressemble de très près à ce que vise l’article. Le slogan de la chasse au trésor n’engage que son auteur.

Parcs nationaux, cétacés, ports : demander avant de plonger

Le dépliant 2025 du parc national de Port-Cros range le « drone » parmi ce qui est interdit dans le parc, à côté des scooters des mers et des bouées tractées. Il ne précise ni aérien ni sous-marin. Sans réponse écrite du parc, nous laisserions le drone sous-marin à terre.

Aux Calanques, le décret de création interdit les prises de vue professionnelles ou commerciales sans autorisation du directeur (article 16), et son article 25 permet de proposer un régime particulier pour « l’usage d’engins à moteur conçus pour la progression sous la mer ». Le parc a déjà accepté un ROV : la décision DI-2026-109 l’inscrit au matériel d’un tournage du WWF sur les filets fantômes, en juin 2026, avec faune et flore à ne pas déranger. Pour un drone sous-marin de loisir, nous n’avons lu aucune règle propre : la question se pose au parc. Pour le vol, voyez le drone en parc national.

Partout en mer, pensez aux mammifères marins. L’arrêté du 1er juillet 2011 interdit de les perturber intentionnellement, et l’approche à moins de 100 m dans une aire marine protégée en fait partie. Le ministère a rappelé le 17 juillet 2026 que cette distance vaut pour les drones et « tout autre engin », votre drone sous-marin compris. Des drones marins écoutent bien les cétacés en Méditerranée, mais pour mieux les protéger.

Restent le port et le plan d’eau. Nous n’avons aucune règle nationale à vous citer pour un si petit engin : interrogez la capitainerie, la mairie ou le gestionnaire du lac. Notre article sur l’assurance drone traite de l’aérien ; pour un drone sous-marin, demandez une réponse écrite à votre assureur.

La filière française, d’Exail à Naval Group

Entre un Dory de 1,1 kg et ce qui suit, le mot « drone » couvre un écart absurde. Le code des transports sort d’ailleurs de son champ les drones en essai ou en service dans la Marine nationale, sauf disposition contraire.

Pour la guerre des mines, la DGA a commandé le 6 novembre 2024 huit drones autonomes à Thales et Exail, dans le programme SLAM-F, avec huit de plus en option. Les premiers sont attendus au premier semestre 2028. Pour les grands fonds, elle a commandé le 27 septembre 2024 deux systèmes capables d’opérer à 6 000 m : l’A6K-M d’Exail et le ROV-DeepSea de Travocean.

Reste l’UCUV, un drone sous-marin de combat confié à Naval Group par un accord-cadre du 28 décembre 2023. Le ministère vise des missions de plusieurs jours sans téléopération et, à terme, un engin de plus de 10 m et de 10 tonnes. Côté science, l’Ifremer a emmené son AUV UlyX à 6 000 m les 10 et 12 septembre 2023.

Vidéo de l’Ifremer (21 décembre 2023, 3 min 29) : retour sur la mission d’essais qui a mené le robot sous-marin Ulyx à 6 000 m, avec Lorenzo Brignone, ingénieur-chercheur à l’Ifremer. La vidéo ne se charge qu’au clic.

Foire aux questions

Combien coûte un drone sous-marin ?

Au 4 novembre 2026, les tarifs officiels en euros vont de 639 € (Chasing Dory) à 4 299 € (M2 S, pack complet). Au-delà, les fabricants passent au devis ou au dollar : le BlueROV2 démarre à 4 900 $, le FIFISH E-GO à 6 649 $.

Existe-t-il un drone sous-marin sans fil ?

Pour piloter en direct, nous n’en avons relevé aucun. Le Dory parle bien en Wi-Fi à votre téléphone, jusqu’à 15 m, mais ce Wi-Fi s’arrête à une bouée, et un câble relie la bouée au robot. Un AUV plonge sans câble : il suit alors son programme, sans commande en temps réel.

Faut-il un permis pour piloter un drone sous-marin ?

Sous 1 m de long, aucun texte lu ne demande de titre, puisque l’engin sort de la définition du drone maritime. Au-delà, le certificat d’opérateur et la formation du fabricant s’imposent, loisir compris. Les règles du maire ou d’un parc restent à vérifier sur place.

DJI vend-il un drone sous-marin ?

Pas d’après sa page produits française, relue le 4 novembre 2026 : elle liste des drones caméra, des drones d’entreprise et agricoles, aucun ROV.

Sources

  • Décret n° 2024-461 du 22 mai 2024
  • Arrêté du 16 avril 2026 sur les drones maritimes
  • Code des transports, article R. 5000-1
  • Code du patrimoine, biens culturels maritimes
  • Ministère de la Culture, découverte de bien culturel maritime
  • Ministère chargé de l’écologie, observation des cétacés
  • Parc national des Calanques, décision DI-2026-109
  • DGA, programme SLAM-F
  • Ifremer, engins des grands fonds
  • NOAA, AUV et ROV
Lu 8
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Sophie suit l'innovation : micro-drones, électronique embarquée, résistance au brouillage, nouveaux usages industriels et de livraison. Elle s'intéresse aussi à la navigation aérienne, des itinéraires VFR de nuit aux espaces temporaires, et à ce qu'elle implique pour les drones. Elle aime expliquer simplement comment fonctionnent les technologies qui font l'actualité. Au-delà de ces sujets, Sophie couvre aussi d'autres domaines du drone, de la réglementation aux usages professionnels et de loisir.

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