En Europe, les opérations de drones sont classées en trois catégories selon le niveau de risque : ouverte, spécifique et certifiée. Ce cadre, défini par les règlements EU 2019/947 et EU 2019/945, s'applique à tous les pilotes et exploitants, qu'ils volent pour le loisir ou à titre professionnel. La grande majorité des vols courants relève de la catégorie ouverte. Avant votre premier vol en France, voici ce que vous devez faire immédiatement :
- Vérifier si votre drone porte un marquage de classe CE (C0 à C4 pour la catégorie ouverte).
- Vous enregistrer sur AlphaTango si votre drone dépasse 250 g ou est équipé d'une caméra (sauf s'il s'agit d'un jouet au sens de la directive 2009/48/CE).
- Apposer votre code d'exploitant (format « FRA + 13 caractères ») sur l'aéronef.
- Suivre la formation en ligne A1/A3 avant tout vol en catégorie ouverte avec un drone C1 ou supérieur.
- Consulter la carte de géovigilance pour vérifier les restrictions d'espace aérien sur votre zone de vol.
Conseil de pro : Si vous avez acheté votre drone avant le 1er janvier 2024 et qu'il ne porte pas de marquage CE, il est probablement limité à la sous-catégorie A3, ce qui exclut les vols en agglomération et au-dessus de personnes. Vérifiez ce point avant de planifier toute mission commerciale.
Table des matières
- Quelles sont les trois catégories réglementaires européennes pour les drones ?
- Catégorie ouverte : que permettent les sous-catégories A1, A2 et A3 ?
- Comment identifier la classe de votre drone (C0 à C6) ?
- Catégorie spécifique : comment obtenir une autorisation en France ?
- Quand la catégorie certifiée s'applique-t-elle ?
- Enregistrement et marquage en France : AlphaTango et le code exploitant
- Quelles formations faut-il suivre selon votre catégorie ?
- Checklist pré-vol pratique en France : vérifiez votre conformité en 2 minutes
- Transition 2026 : comment adapter votre flotte avant la date limite ?
- Points clés
- Ce que la réglementation ne dit pas clairement, mais que vous devez savoir
- Sources officielles pour approfondir et agir
Quelles sont les trois catégories réglementaires européennes pour les drones ?
Le règlement d'exécution (UE) 2019/947 structure les opérations UAS autour d'un principe fondamental : c'est le risque de l'opération qui détermine la catégorie, non l'usage (loisir ou professionnel). Un photographe amateur qui survole une foule est soumis aux mêmes contraintes qu'un prestataire commercial dans la même situation. Cette logique, empruntée à l'aviation traditionnelle, remplace définitivement la distinction loisir/pro depuis l'entrée en vigueur du cadre européen.
| Catégorie | Niveau de risque | Autorisation requise | Responsabilité principale |
|---|---|---|---|
| Ouverte | Faible | Aucune (déclaration non requise) | Exploitant respecte les limites opérationnelles |
| Spécifique | Modéré | Déclaration STS ou autorisation DSAC (SORA/PDRA) | Exploitant soumet une analyse de risque |
| Certifiée | Élevé | Certification de type + approbation exploitant | Exploitant certifié, pilote licencié |

La catégorie ouverte couvre les vols à faible risque, sans autorisation préalable, à condition de respecter des limites strictes (hauteur, distances, classe du drone). La catégorie spécifique s'applique dès que ces limites sont dépassées : vol hors vue, proximité de personnes avec un drone lourd, zone urbaine dense. La catégorie certifiée, enfin, concerne des opérations comparables à l'aviation habitée, comme le transport de personnes.
Catégorie ouverte : que permettent les sous-catégories A1, A2 et A3 ?
La catégorie ouverte se divise en trois sous-catégories, chacune associée à des classes de drones précises. Plus la sous-catégorie est restrictive (A3 > A2 > A1), plus les distances aux personnes augmentent.
| Sous-catégorie | Classes autorisées | Survol de personnes | Distance minimale aux personnes | Hauteur max | VLOS |
|---|---|---|---|---|---|
| A1 | C0, C1 (et anciens <250 g) | C0 : toléré ; C1 : à éviter | Aucune pour C0 | 120 m | Obligatoire |
| A2 | C2 | Interdit | 5 m en mode basse vitesse | 120 m | Obligatoire |
| A3 | C3, C4 | Interdit | 150 m des personnes et zones urbaines | 120 m | Obligatoire |
Pour la sous-catégorie A1 avec un drone C1, le survol de personnes non impliquées doit être minimisé, même s'il n'est pas formellement interdit. En pratique, cela signifie qu'un drone de moins de 900 g peut voler au-dessus d'une rue passante, mais pas au-dessus d'un rassemblement. La sous-catégorie A2 avec un C2 autorise une approche à 5 mètres des personnes si le mode basse vitesse est activé, ce qui ouvre des possibilités réelles pour la photographie événementielle ou l'inspection de bâtiments en milieu habité.
Exigences de formation par sous-catégorie :
- A1/A3 : module de formation en ligne sur la plateforme nationale (DGAC/AlphaTango), sans examen pratique obligatoire. Âge minimal : 16 ans (abaissable à 12 ans par décision nationale).
- A2 : formation A1/A3 complétée, puis auto-formation pratique déclarée et réussite d'un examen théorique supplémentaire (brevet d'aptitude de pilote à distance, BAPD) auprès d'un organisme agréé ou en ligne sous surveillance.
- A3 avec C3/C4 : formation A1/A3 suffisante, mais les restrictions opérationnelles sont les plus sévères de la catégorie ouverte.
Conseil de pro : Pour vérifier rapidement si votre mission reste en catégorie ouverte, posez-vous trois questions : mon drone porte-t-il un marquage C0–C4 ? Mon vol reste-t-il en vue directe (VLOS) sous 120 m ? Je respecte les distances minimales aux personnes pour ma sous-catégorie ? Si les trois réponses sont oui, vous êtes en catégorie ouverte.
Comment identifier la classe de votre drone (C0 à C6) ?
Les classes C0 à C6 sont définies par le règlement délégué (UE) 2019/945. Elles conditionnent directement ce que vous pouvez faire avec votre appareil.

| Classe | Masse maximale au décollage | Fonctionnalités clés requises | Usage typique | Restriction principale |
|---|---|---|---|---|
| C0 | < 250 g | Aucune (Remote ID non obligatoire) | Nano-drones, loisir | Pas de survol d'assemblées |
| C1 | < 900 g | Remote ID direct, géo-conscience | Drones compacts grand public | Survol personnes à minimiser |
| C2 | < 4 kg | Remote ID, géo-conscience, mode basse vitesse | Drones photo/vidéo semi-pro | 5 m en mode lent |
| C3 | — | Remote ID, géo-conscience | Drones pro polyvalents | 150 m des personnes et zones urbaines |
| C4 | — | Sans Remote ID intégré | Drones pro spécialisés | 150 m des personnes et zones urbaines |
| C5 | — | Remote ID, géo-conscience, dispositifs de sécurité renforcés | STS-01 (VLOS urbain) | Catégorie spécifique uniquement |
| C6 | — | Remote ID, géo-conscience, dispositifs de sécurité renforcés | STS-02 (BVLOS) | Catégorie spécifique uniquement |
Le marquage de classe figure sur l'étiquette physique apposée sur le corps de l'appareil, et dans la déclaration de conformité UE fournie par le fabricant. Si vous ne trouvez ni l'un ni l'autre, votre drone n'a pas de marquage CE : il relève des règles transitoires pour appareils mis sur le marché avant le 1er janvier 2024.
Points à vérifier sur votre appareil :
- Étiquette avec le symbole de classe (C0, C1, etc.) visible sur le châssis.
- Déclaration de conformité UE dans la boîte ou téléchargeable sur le site du fabricant.
- Manuel d'utilisation mentionnant explicitement la classe et les fonctionnalités Remote ID/géo-conscience.
Conseil de pro : Les drones achetés avant 2024 sans marquage CE peuvent encore voler légalement, mais leur usage professionnel en agglomération est fortement restreint, souvent limité à A3. Si votre activité commerciale implique des missions urbaines régulières, planifiez leur remplacement par des appareils C2 ou C5 avant 2026.
Catégorie spécifique : comment obtenir une autorisation en France ?
Toute opération qui sort des limites de la catégorie ouverte entre automatiquement en catégorie spécifique. Cela inclut les vols hors vue (BVLOS), les survols de personnes avec des drones lourds, ou les missions en zone urbaine dense avec des appareils non classés. Trois voies d'accès existent.
Les trois voies d'accès à la catégorie spécifique :
- Scénarios standards européens (STS-01 / STS-02) : l'exploitant se déclare auprès de la DSAC et opère selon un cadre prédéfini. STS-01 couvre les vols VLOS en zone urbaine avec un drone C5 ; STS-02 couvre les vols BVLOS avec un drone C6. Pas de SORA complète à rédiger.
- SORA (Specific Operations Risk Assessment) : analyse de risque détaillée soumise à la DSAC, qui délivre une autorisation d'exploitation. Obligatoire pour toute opération hors STS et hors PDRA.
- PDRA (Pre-Defined Risk Assessment) : analyses pré-formatées publiées par l'EASA, calquées sur la SORA. Le PDRA-S01, par exemple, couvre les mêmes opérations que STS-01 mais autorise des drones qui ne sont pas de classe C5.
- LUC (certificat allégé d'exploitant UAS) : réservé aux exploitants matures disposant d'un système de gestion de la sécurité solide. Permet d'auto-autoriser certaines opérations sans passer par la DSAC à chaque mission.
Étapes pratiques pour une demande d'autorisation spécifique en France :
- Identifier la voie applicable (STS, PDRA ou SORA complète) selon votre concept d'opération.
- Rédiger le manuel d'exploitation (MANEX) décrivant vos procédures, votre organisation et vos mesures de sécurité.
- Constituer le dossier technique : caractéristiques de l'UAS, systèmes de sécurité (parachute, Remote ID européen, géo-conscience), qualifications des télépilotes.
- Soumettre la déclaration ou la demande d'autorisation via AlphaTango (pour les STS) ou directement à la DSAC (pour SORA/PDRA).
- Attendre la décision de la DSAC : les délais varient selon la complexité du dossier.
- Conserver tous les documents à bord et les présenter en cas de contrôle.
Depuis le 1er janvier 2024, les drones opérant en catégorie spécifique doivent être équipés d'un dispositif de signalement électronique européen, distinct du signalement électronique français déjà requis pour les appareils de plus de 800 g.
Quand la catégorie certifiée s'applique-t-elle ?
La catégorie certifiée concerne les opérations dont le niveau de risque est comparable à celui de l'aviation habitée. Elle s'applique notamment au transport de personnes par drone, à certaines opérations BVLOS à haute altitude ou au-dessus de zones densément peuplées, et aux UAS de grande dimension ou de masse élevée.
Conséquences pour l'exploitant :
- L'UAS doit faire l'objet d'une certification de type délivrée par l'EASA.
- Le télépilote doit détenir une licence de pilote à distance équivalente à une licence aéronautique.
- L'exploitant doit obtenir une approbation comparable à un certificat de transporteur aérien (équivalent AOC).
- Un système de gestion de la sécurité complet est obligatoire.
En pratique, aucun exploitant de drone civil standard n'opère aujourd'hui en catégorie certifiée en France. Ce régime est conçu pour les futurs services de mobilité aérienne urbaine (eVTOL, taxis aériens) et les opérations de fret lourd par drone. Si votre activité vous amène à envisager cette catégorie, la DSAC est l'interlocuteur direct, et le processus de certification est long et coûteux.
Enregistrement et marquage en France : AlphaTango et le code exploitant
L'enregistrement sur AlphaTango est obligatoire pour tout exploitant dont le drone dépasse 250 g ou est équipé d'une caméra, sauf si l'appareil est un jouet au sens de la directive 2009/48/CE. Voici la procédure étape par étape.
Procédure d'enregistrement AlphaTango :
- Créer un compte sur la plateforme AlphaTango (alphatango.aviation-civile.gouv.fr).
- Renseigner vos informations d'exploitant (personne physique ou morale).
- Obtenir votre code d'exploitant au format « FRA + 13 caractères alphanumériques ».
- Apposer ce code de manière lisible et durable sur chaque drone de votre flotte concerné.
- Déclarer vos drones de plus de 800 g pour le signalement électronique français (obligation nationale distincte du Remote ID européen).
| Seuil | Obligation | Exception |
|---|---|---|
| < 250 g, sans caméra | Aucun enregistrement requis | Jouets au sens de la directive 2009/48/CE |
| < 250 g, avec caméra | Enregistrement exploitant obligatoire | Drone jouet (directive 2009/48/CE) |
| 250 g à 800 g | Enregistrement exploitant obligatoire | Aucune |
| > 800 g | Enregistrement exploitant + signalement électronique français | Aucune |
Point important sur les rôles : l'exploitant (la personne ou la société qui met en œuvre le drone) et le télépilote (la personne aux commandes) sont deux rôles distincts. Un auto-entrepreneur cumule souvent les deux, mais une société peut employer un télépilote salarié. Confondre ces rôles lors de l'enregistrement sur AlphaTango est une erreur fréquente qui peut invalider vos déclarations.
Pour les spécificités françaises liées à la simplification réglementaire 2025, notamment le signalement électronique pour les appareils de plus de 800 g, la DGAC publie des guides actualisés sur ecologie.gouv.fr.
Quelles formations faut-il suivre selon votre catégorie ?
La réglementation européenne a remplacé l'ancien CATT par un système de qualifications structuré autour des catégories et sous-catégories. Voici ce qui s'applique concrètement en France.
Catégorie ouverte :
- A1/A3 : formation en ligne sur AlphaTango (module théorique), attestation de réussite à conserver. Aucune formation pratique formelle obligatoire, mais la lecture attentive du manuel du drone est exigée pour les C0.
- A2 : formation A1/A3 préalable, puis auto-formation pratique déclarée (minimum 5 heures recommandées), puis examen théorique complémentaire (BAPD) passé auprès d'un organisme agréé ou en ligne sous surveillance. Âge minimal : 16 ans dans tous les cas.
Catégorie spécifique :
- STS-01 / STS-02 : le télépilote doit être titulaire d'un certificat d'aptitude aux scénarios standards (CATS), obtenu après réussite à un examen théorique adapté et une formation pratique validée par un organisme agréé.
- SORA / autorisation d'exploitation : les qualifications requises sont définies dans l'autorisation délivrée par la DSAC ; elles peuvent dépasser le niveau CATS selon la complexité de l'opération.
Les anciens titulaires d'un CATT avec formation pratique réalisée avant fin 2021 ont bénéficié d'une équivalence automatique vers le brevet d'aptitude de pilote à distance (catégorie ouverte). Pour les formations actualisées et les ressources officielles, la page dédiée à la catégorie ouverte de Drone-flyview recense les organismes agréés et les liens DGAC.
Checklist pré-vol pratique en France : vérifiez votre conformité en 2 minutes
Avant chaque mission, parcourez ces points dans l'ordre. Une case non cochée peut signifier une infraction.
Identité et conformité du drone :
- Le marquage de classe CE (C0 à C4 ou C5/C6) est visible sur l'appareil.
- Le code exploitant AlphaTango (FRA + 13 caractères) est apposé de manière lisible.
- Le Remote ID fonctionne correctement (test de diffusion si applicable à votre classe).
- Le signalement électronique français est actif si le drone dépasse 800 g.
Conformité de la mission :
- La sous-catégorie choisie (A1/A2/A3 ou STS) correspond bien à votre drone et à votre zone de vol.
- Les distances minimales aux personnes sont respectables sur le terrain (repérage préalable).
- L'espace aérien est vérifié sur la carte de géovigilance (zones R, D, CTR, etc.).
- L'autorisation ou la déclaration STS est en cours de validité si applicable.
Vérifications opérationnelles :
- La météo est compatible avec les limites de l'appareil (vent, visibilité, précipitations).
- L'état du drone est vérifié : batteries chargées, hélices intactes, aucun message d'erreur.
- Le plan d'urgence est défini : zone d'atterrissage de secours identifiée, procédure de perte de liaison connue.
- L'assurance responsabilité civile est valide pour le type d'opération prévu.
Transition 2026 : comment adapter votre flotte avant la date limite ?
Depuis le 1er janvier 2026, les scénarios standards nationaux S-1, S-2 et S-3 n'existent plus. Les exploitants qui s'appuyaient sur ces scénarios doivent désormais opérer sous STS-01 ou STS-02, ou obtenir une autorisation d'exploitation via SORA/PDRA. Cette transition réglementaire a des conséquences directes sur les flottes composées de drones sans marquage CE.
Plan d'action pour mettre à jour votre flotte :
- Inventaire matériel : lister tous vos appareils avec leur date d'achat, leur masse et leur marquage (ou absence de marquage CE).
- Vérification des usages : identifier quels appareils sont utilisés pour des missions en agglomération ou BVLOS — ce sont les plus exposés aux restrictions.
- Classement des priorités : les drones sans marquage CE utilisés pour des missions commerciales urbaines sont à remplacer en priorité par des appareils C2 (catégorie ouverte A2) ou C5 (STS-01).
- Stratégie de limitation : les appareils non classés peuvent continuer à voler en A3 (hors agglomération, à 150 m des personnes), ce qui reste utile pour les missions agricoles ou en zone isolée.
- Calendrier de remplacement : planifier les achats sur 12 à 24 mois selon le budget, en priorisant les appareils qui débloquent les STS pour les missions récurrentes.
- Mise à jour du MANEX : réviser le manuel d'exploitation pour refléter la nouvelle flotte et les nouvelles procédures STS.
À noter : la fin des scénarios nationaux rend la planification des flottes encore plus déterminante. Garder un mix d'appareils classés C2/C5 et un calendrier de remplacement clair évite les ruptures d'activité sur les missions urbaines.
Documents à rassembler pour une demande SORA/STS ou un LUC :
- Fiches techniques et déclarations de conformité UE de chaque appareil.
- Qualifications des télépilotes (attestations A1/A3, BAPD, CATS selon les cas).
- MANEX à jour avec les procédures d'urgence et la gestion des risques.
- Preuves d'assurance responsabilité civile couvrant les opérations prévues.
- Historique des vols et des incidents éventuels (exigé pour le LUC).
Points clés
La conformité réglementaire en France repose sur trois vérifications non négociables : la classe CE de votre drone, votre enregistrement AlphaTango, et la formation adaptée à votre sous-catégorie d'opération.
| Point | Détails |
|---|---|
| Trois catégories EU | Ouverte (faible risque), spécifique (risque modéré), certifiée (risque élevé) : c'est le risque, non l'usage, qui détermine la catégorie. |
| Enregistrement obligatoire | Tout drone > 250 g ou équipé d'une caméra (hors jouet) nécessite un enregistrement sur AlphaTango et l'apposition du code FRA + 13 caractères. |
| Classes C0–C6 | C0–C4 couvrent la catégorie ouverte ; C5 et C6 sont réservées aux scénarios STS-01 et STS-02 en catégorie spécifique. |
| Transition 2026 | Les scénarios S-1/S-2/S-3 sont supprimés depuis le 1er janvier 2026 ; les drones sans marquage CE sont limités à A3 pour les vols hors agglomération. |
| Formation requise | A1/A3 en ligne pour la plupart des vols ouverts ; BAPD pour A2 ; CATS pour les scénarios STS en catégorie spécifique. |
Ce que la réglementation ne dit pas clairement, mais que vous devez savoir
La réglementation européenne est bien construite sur le papier. Mais sur le terrain, deux angles morts posent régulièrement problème aux exploitants français.
Le premier concerne la distinction exploitant/télépilote. Beaucoup de petites structures s'enregistrent sur AlphaTango en tant que télépilote alors qu'elles auraient dû s'enregistrer comme exploitant. Ce n'est pas un détail : l'exploitant porte la responsabilité du MANEX, des déclarations STS et de la conformité globale de l'opération. Un auto-entrepreneur cumule les deux rôles, mais une société qui emploie un pilote doit enregistrer la société comme exploitant, pas le salarié. En cas de contrôle ou d'incident, cette confusion peut invalider votre couverture assurance et exposer la mauvaise personne à des sanctions.
Le second angle mort est plus stratégique. Beaucoup d'exploitants commerciaux ont retardé le passage aux drones C5 en pensant que les scénarios nationaux S-1/S-2/S-3 dureraient encore quelques années. Depuis le 1er janvier 2026, ce n'est plus le cas. Les missions urbaines répétées, notamment en inspection de bâtiments ou en couverture événementielle, nécessitent désormais soit un appareil C5 pour opérer sous STS-01, soit une autorisation SORA/PDRA pour chaque concept d'opération. La charge administrative d'une SORA complète est significative : pour les exploitants qui font plusieurs missions urbaines par mois, investir dans un appareil C5 et obtenir le CATS est économiquement plus rationnel que de multiplier les dossiers SORA.
Pour les petites structures, le conseil le plus pragmatique est d'adopter un plan de remplacement pluriannuel sur deux à trois ans, en commençant par les appareils qui bloquent l'accès aux STS en zone urbaine. Drone-flyview publie régulièrement des analyses sur le cadre légal pour l'usage commercial et les meilleures pratiques de conformité pour accompagner cette transition.
Sources officielles pour approfondir et agir
Ces ressources sont celles à présenter lors d'une demande d'autorisation ou d'un contrôle. Elles font autorité.
- EASA — Drones & Air Mobility : portail central de l'Agence européenne de la sécurité aérienne ; liste des drones approuvés pour les opérations EU, règles par catégorie, FAQ.
- Règlement (UE) 2019/947 — EUR-Lex : texte consolidé du règlement d'exécution sur les règles et procédures d'exploitation des UAS, version mise à jour au 1er mai 2025.
- Règlement délégué (UE) 2019/945 — EUR-Lex : définition des classes C0 à C6 et exigences techniques pour la mise sur le marché des UAS.
- DGAC — Catégorie ouverte (ecologie.gouv.fr) : guide officiel français sur les obligations de la catégorie ouverte, spécificités nationales (signalement >800 g, hauteur 120 m).
- DGAC — Catégorie spécifique (ecologie.gouv.fr) : procédures STS, SORA, PDRA et LUC ; formulaires et contacts DSAC.
- Service-public.fr — Enregistrement des drones : procédure AlphaTango, seuils d'enregistrement, obligations de marquage.
- FAQ transition européenne UAS — DGAC : réponses officielles aux questions fréquentes sur la transition vers le cadre européen, rôles exploitant/télépilote, équivalences CATT.
Cet article est une synthèse informative à jour au moment de sa publication. Pour toute démarche administrative ou situation spécifique, consultez directement la DGAC ou un conseiller juridique spécialisé en droit aérien.
