DRONExpo Madrid 2026 : le salon espagnol des drones et de l’anti-drone
DRONExpo Madrid revient les 5 et 6 novembre 2026, avec une nouveauté qui a semé un peu de confusion : de nouvelles dates et un nouveau lieu, le pavillon Madrid Arena, dans le parc de la Casa de Campo. Deux jours seulement. Si vous avez lu « septembre » ou « 5 au 7 novembre » dans un agenda, oubliez : le site officiel de TECNOSEC annonce bien le jeudi 5 et le vendredi 6 novembre, et c’est lui qui fait foi.
DRONExpo Madrid se tient en même temps que TECNOSEC, la foire espagnole des technologies de sécurité, de renseignement et d’équipement policier. Pour un télépilote français, la question est simple : le déplacement vaut-il le coup ? Ça dépend de ce que vous faites avec vos drones. On fait le tour de TECNOSEC 2026 et de son voisin drone : ce qui sera exposé, ce que vous pouvez en tirer, et ce qu’il faut savoir si l’envie vous prend de voler en Espagne ensuite.
DRONExpo Madrid 2026 : dates, lieu et format

Les faits d’abord, tels que les publient les fiches techniques des deux salons. DRONExpo Madrid en est à sa cinquième édition. Elle se tient au Pabellón Madrid Arena, avenue de Portugal, à Madrid. Les portes ouvrent le jeudi 5 novembre de 9 h 30 à 18 h, puis le vendredi 6 novembre de 9 h 30 à 14 h 30. Le vendredi est donc une demi-journée : à garder en tête si vous réservez un vol retour.
L’organisateur est l’APTIE, une association madrilène qui promeut les technologies et industries dites stratégiques. Elle annonce 6 000 m² d’exposition pour l’ensemble TECNOSEC et DRONExpo (d’autres pages du même site parlent de 8 000 m², la fiche technique dit 6 000). Ce chiffre couvre les deux salons réunis : aucune surface propre au seul secteur drones n’est publiée.
Et pour les dates de septembre qui traînent en ligne ? Elles correspondent à l’édition précédente : la quatrième s’était tenue les 24 et 25 septembre 2025, à Madrid déjà. D’où les agendas pas à jour. TECNOSEC 2026 et DRONExpo 2026 partagent la même accréditation, le même hall et les mêmes horaires.
Drones et anti-drones : ce que l’on verra au salon
La fiche technique de DRONExpo Madrid liste cinq familles d’exposants : plateformes, applications, opérateurs, charges utiles et systèmes anti-drone. La page consacrée au profil des exposants détaille un peu plus. Côté plateformes, le salon ne se limite pas au ciel : drones aériens, terrestres, sous-marins et de surface. Côté logiciels, on trouve le contrôle, l’interopérabilité et l’U-space. Pour l’anti-drone, trois verbes : détecter, identifier, neutraliser.
C’est là que DRONExpo Madrid se distingue des grands-messes grand public. Ici, le visiteur type porte un uniforme ou travaille pour un opérateur d’infrastructure critique. Le site de TECNOSEC cite le ministère de l’Intérieur, la Guardia Civil, la Police nationale, le renseignement (CNI), les polices régionales et municipales, ainsi que des délégations étrangères. Un vrai salon anti-drone, donc, plus qu’une vitrine de drones de loisir.
Qui expose ? La liste affichée sur le site au 10 octobre 2026 mêle industriels et administrations : ENAIRE (le gestionnaire espagnol de la navigation aérienne), la Guardia Civil, la Police nationale, l’Unité militaire d’urgence (UME), la police municipale de Madrid, Telefónica, Rohde & Schwarz, Esri, plusieurs fabricants et intégrateurs espagnols. Quelques annonces sont déjà tombées. ITE (stand C09) présentera C2LYNX, une plateforme de commande et de contrôle pour flottes de drones qui intègre désormais des fonctions C-UAS et de gestion de l’espace aérien.
La jeune pousse Sense Aeronautics viendra avec AOD, un système de détection par caméra d’objets volants qui n’émettent ni ADS-B ni Remote ID. L’entreprise annonce une portée de 500 mètres pour un petit drone et de 3 000 mètres pour un avion léger : chiffres du fabricant, à vérifier sur pièce. Une touche française aussi : Crosscall, basé à Aix-en-Provence, tiendra le stand B24 avec ses terminaux durcis pour les communications critiques. Pas un drone, mais le genre d’équipement qui accompagne une équipe au sol.
Le programme détaillé des conférences de TECNOSEC 2026 n’était pas publié à la mi-octobre. La page « Actividades » de DRONExpo annonce toutefois des thèmes : un atelier questions-réponses sur la réglementation des drones, les aspects juridiques, la mobilité aérienne urbaine, les drones en situation d’urgence, l’usage policier des drones et des systèmes C-UAS. Les exposants pourront voler dans une volière intérieure, à la vue du public. Pour une idée de l’ambiance, l’organisateur a mis en ligne un court film sur l’édition 2025.
Ce que le salon apporte à un télépilote ou à une entreprise française
Soyons francs : si vous filmez des mariages avec un Mini, DRONExpo Madrid n’est pas pour vous. Le public est professionnel et l’entrée est interdite au grand public comme aux mineurs. L’intérêt est ailleurs, pour trois profils.
Premier profil, l’opérateur qui travaille pour la sécurité, l’inspection ou les secours. La page « Quién visitará DRONExpo » cite les pompiers, les forces armées, la surveillance des frontières, l’inspection d’éoliennes et de centrales photovoltaïques, la photogrammétrie. Vous y croiserez des acheteurs publics espagnols et des intégrateurs qui cherchent des partenaires. Si vous avez suivi le bilan du salon Safetech 2025, vous voyez le genre : moins de démonstrations spectaculaires, plus de rendez-vous.
Deuxième profil, le fabricant ou l’éditeur de logiciel qui vise le marché espagnol. Un stand modulaire de 12 m² coûte 3 000 euros, le sol nu 200 euros le mètre carré (24 m² minimum). On peut aussi acheter une présentation commerciale de 25 minutes dans la salle prévue à cet effet. Ce n’est pas donné. Mais TECNOSEC 2026 reste l’un des rares endroits où la Guardia Civil, ENAIRE et les polices municipales se retrouvent dans le même hall.
Troisième profil, le curieux de l’anti-drone. En France, le sujet reste confiné aux forces de l’État, comme l’a montré l’exercice XLAD26 de l’armée de l’Air. Un salon anti-drone ouvert aux professionnels permet de voir les capteurs de près et de poser des questions techniques. Sans rien pouvoir acheter et utiliser chez soi, on y revient plus bas.
Voler en Espagne : le cadre EASA commun et la réglementation AESA
Beaucoup de visiteurs de DRONExpo Madrid se poseront la question : et si je profitais du voyage pour voler ? Bonne nouvelle, le socle est le même qu’en France. Le règlement d’exécution (UE) 2019/947 s’applique dans toute l’Union. Votre numéro d’exploitant obtenu en France vaut dans tous les États membres de l’EASA, et vous ne pouvez pas vous enregistrer une seconde fois en Espagne, comme le rappelle la foire aux questions drones de l’EASA. Vos attestations A1/A3 et A2 vous suivent aussi.

En catégorie ouverte, aucune autorisation à demander. Mais la réglementation AESA ajoute un point qui surprend souvent : la page « How to fly a UAS in Spain » de l’agence espagnole demande à l’exploitant étranger une assurance responsabilité civile couvrant les tiers, même en catégorie ouverte. Vérifiez que votre contrat couvre bien l’étranger (notre point sur l’assurance drone obligatoire détaille les garanties françaises). Les règles de la catégorie ouverte européenne restent identiques.
En catégorie spécifique, ça se corse. Trois cas, selon l’article 13 du règlement 2019/947. Sous scénario standard, vous envoyez à l’AESA une copie de votre déclaration et de l’accusé de réception de la DGAC. Sous autorisation d’exploitation, vous déposez une demande avec la copie de l’autorisation, les lieux prévus et des mesures d’atténuation mises à jour, puis vous attendez la confirmation. Avec un LUC, vous transmettez les termes de votre agrément. L’AESA propose une reconnaissance « précise » (une opération, un lieu) ou « générique » (plusieurs opérations du même type), décrite dans son guide des opérations transfrontalières.
Côté réglementation AESA, si vos opérations relèvent des scénarios standard européens, la démarche reste légère. Pour une autorisation fondée sur une analyse SORA, comptez plus de temps : la réglementation AESA demande de justifier les conditions locales, et l’agence examine vos mesures d’atténuation adaptées au terrain espagnol.
Reste la carte, et c’est là que les deux pays divergent. En Espagne, les zones géographiques UAS sont fixées par le Real Decreto 517/2024, en vigueur depuis le 25 juin 2024. On les consulte sur l’application ENAIRE Drones, l’équivalent de Géoportail pour nos voisins. Le guide de l’AESA sur les zones géographiques UAS détaille les règles près des aérodromes, en ville et dans les zones interdites ou réglementées.
Madrid n’est pas l’endroit rêvé pour un vol improvisé, entre l’espace aérien des aéroports et la ville elle-même. Consultez la carte avant de sortir le drone de son sac. Pour les beaux paysages, notre sélection de spots drone en Espagne donne des pistes, toujours sous réserve de la carte ENAIRE du jour.
Un chiffre pour mesurer le marché : selon un communiqué de l’AESA du 21 janvier 2026, l’Espagne comptait 150 332 exploitants enregistrés fin 2025, dont 25 067 dans la Communauté de Madrid et 1 615 exploitants étrangers.
Anti-drone : regarder, oui, s’équiper, non
Dans un salon anti-drone, le stand d’un fabricant de brouilleurs fait toujours son petit effet. Gardez la tête froide. En France, l’ANFR rappelle que l’importation, la détention et l’utilisation de brouilleurs sont interdites, sauf pour les besoins de l’ordre public, de la défense, de la sécurité nationale ou de la justice. Les peines peuvent atteindre 30 000 euros d’amende et six mois d’emprisonnement (articles L33-3-1 et L39-1 du code des postes et des communications électroniques).
Une entreprise privée qui protège un site sensible ne peut donc pas acheter un fusil brouilleur et s’en servir. Ce qu’elle peut faire, en revanche, c’est s’informer sur la détection, travailler avec les autorités et préparer ses procédures. Notre article sur la neutralisation de drones en France fait le point sur qui a le droit de faire quoi.
Côté détection, ce salon anti-drone aura sans doute plus à offrir. Capteurs radio, radars, caméras dotées d’IA : ce sont les briques que les forces de sécurité espagnoles et européennes testent en ce moment. Pour un intégrateur français, voir ces produits en conditions de salon peut éviter un voyage chez chaque fabricant. Et pour un télépilote, c’est un rappel utile. Votre drone est de plus en plus visible, Remote ID ou pas.
Infos pratiques pour visiter TECNOSEC 2026
L’inscription des visiteurs se fait en ligne et elle est gratuite, sur la page d’enregistrement de TECNOSEC. Un détail à ne pas rater : le courriel de confirmation ne sert pas de billet. Le badge d’accès arrive par un second envoi, avant le salon. La même accréditation vaut pour TECNOSEC 2026 et DRONExpo.
Pour venir, la page « Horario y acceso » indique le métro ligne 10, station Lago (à 500 mètres), ou la ligne 6, station Alto de Extremadura (800 mètres). Plusieurs bus partent du centre : lignes 31 (Plaza Mayor), 33 (Príncipe Pío), 36 (Atocha), 39 (Ópera) et 65 (Plaza Jacinto Benavente). Un parking de 1 100 places jouxte le pavillon.
Notre conseil pour DRONExpo Madrid : arrivez le jeudi matin. Le vendredi ferme à 14 h 30, et les rendez-vous se calent plutôt le premier jour. Prévoyez aussi un peu d’espagnol ou d’anglais : le site officiel existe dans les deux langues, et la langue des conférences n’était pas encore précisée à la mi-octobre, faute de programme publié.
Enfin, si vous comptez voler en marge de DRONExpo Madrid, faites vos démarches avant de partir, en suivant la réglementation AESA. Une reconnaissance d’autorisation ne se règle pas la veille au soir dans un hôtel de la Gran Vía.
Foire aux questions
Quand et où a lieu DRONExpo Madrid 2026 ?
Les 5 et 6 novembre 2026, au pavillon Madrid Arena, dans le parc de la Casa de Campo à Madrid. Le jeudi de 9 h 30 à 18 h, le vendredi de 9 h 30 à 14 h 30. Les dates de septembre ou « 5 au 7 novembre » vues dans certains agendas sont fausses pour 2026 : septembre correspond à l’édition 2025.
L’entrée à TECNOSEC 2026 est-elle payante ?
Non, l’inscription des visiteurs est gratuite. Le salon reste réservé aux professionnels : le grand public et les mineurs ne sont pas admis. Le badge arrive par courriel avant le salon et vaut pour TECNOSEC et DRONExpo.
Mon enregistrement d’exploitant français est-il valable en Espagne ?
Oui. L’enregistrement est valable dans tous les États membres de l’EASA, et vos attestations de formation suivent. En catégorie ouverte, aucune autorisation n’est requise, mais l’AESA demande une assurance responsabilité civile et il faut consulter les zones géographiques sur ENAIRE Drones.
Peut-on acheter un système anti-drone au salon ?
Voir et discuter, oui. Utiliser un brouilleur en France, non : l’ANFR rappelle que leur détention et leur usage sont interdits hors besoins de l’ordre public, de la défense, de la sécurité nationale et de la justice. La neutralisation reste l’affaire des autorités.
Sources
- AESA, « How to fly a UAS in Spain » (opérations transfrontalières), mise à jour du 1er octobre 2026 : seguridadaerea.gob.es
- AESA, « Zonas geográficas de UAS » : seguridadaerea.gob.es
- AESA, « Más de 150.000 operadores de UAS registrados en AESA en 2025 », 21 janvier 2026 : seguridadaerea.gob.es
- BOE, Real Decreto 517/2024 du 4 juin 2024 sur l’utilisation civile des UAS : boe.es
- EASA, foire aux questions sur les drones (articles 4, 13 et 14 du règlement 2019/947) : easa.europa.eu
- ENAIRE, application ENAIRE Drones : drones.enaire.es
- ANFR, fiche « Un brouilleur de GPS ne bloque pas que votre propre GPS » : anfr.fr


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