Au 1er novembre 2026, la liste officielle de l’EASA recense 46 drones C6 parmi ses 167 fiches de drones. Un drone classe C6 est le seul admis dans le scénario standard européen STS-02 : le vol hors vue au-dessus d’une zone contrôlée au sol, dans un environnement à faible densité de population. Sans étiquette C6, pas de STS-02.
On reprend la liste constructeur par constructeur, les exigences de la partie 17 du règlement délégué (UE) 2019/945 et les deux normes publiées par le CEN en octobre 2026 pour les vérifier : l’EN 4709-005 (geocaging) et l’EN 4709-006 (terminaison du vol). Plusieurs modèles de la version de 2025 n’ont pas passé la vérification. On explique pourquoi ils sortent du texte.
Points clés
- Les drones C6 relèvent de la partie 17 de l’annexe du règlement délégué (UE) 2019/945, ajoutée en 2020 : moins de 25 kg, moins de 3 m, 50 m/s au plus en palier.
- Geocaging et moyen d’interrompre le vol sont obligatoires. La géovigilance devient facultative.
- Le STS-02 exige un drone de classe C6. Les scénarios nationaux S-1, S-2 et S-3 n’existent plus depuis le 1er janvier 2026.
- Aucun kit ne fait d’un drone existant un drone de classe C6 : le seul kit prévu par le règlement fait passer un C3 en C5.
- Le CEN a publié en octobre 2026 l’EN 4709-005 (geocaging) et l’EN 4709-006 (terminaison du vol). Leur citation au Journal officiel de l’Union européenne est attendue.
Drones C6 : la liste de l’EASA au 1er novembre 2026
La liste « Drones for EU operations » de l’EASA, consultée le 1er novembre 2026, compte 46 fiches de drones C6 réparties entre 13 constructeurs. Elle repose sur les informations que les fabricants transmettent de leur plein gré, et l’EASA prévient que d’autres drones à étiquette de classe peuvent exister sans y figurer. Un modèle absent n’est donc pas forcément hors classe.
| Constructeur | Drones C6 de la liste | Autres classes | Type |
|---|---|---|---|
| Aeotic | Aerobotic Spray-L, S-R | C5 | multirotor (S-R), non précisé (Spray-L) |
| Air6 Systems | AIR4 Light, AIR4 Micro, AIR4 Nano, AIR4 Nano E, AIR4 Rugged, AIR8 Compact, AIR8 Medium Lifter | C5 | multirotor |
| Artech’Drone | AD405, AD410, DEN-S | C5 (AD405, AD410) | multirotor |
| Cavok UAS | CK4 C5/C6, CK9 C5/C6, CK25 C5/C6, CK7-2 C6, CK23VE SW C6, Skydart5 C6 | C5 (CK4, CK9, CK25) | multirotor (CK4, CK9, CK25), voilure fixe (les trois autres) |
| Delair | UX11, sept versions | aucune | voilure fixe |
| DJI | Matrice 4D, Matrice 4TD, Dock 3 avec Matrice 4D ou 4TD, Matrice 400, Matrice 5TD | C2 avec mode basse vitesse (Matrice 4D, 4TD), C5 (Matrice 5TD) | multirotor |
| Drone Volt | Kobra | C5 | multirotor |
| Hexadrone | Tundra 2.1 C5 C6, Tundra 2.1 C6 | C5 (Tundra 2.1 C5 C6) | multirotor |
| Innovadrone | Innovadrone 410 Special, Surveyor | C5 | multirotor |
| Nokia | NDN Electric Drone, NDN Electric Drone XLR | C5 | multirotor |
| Objectif Drone | Ares, Atlas, Chronos, Manta | C5 | multirotor |
| Vector Robotics | Guardian, Guardian 4K, FireHound | aucune | voilure fixe |
| Wingtra | WingtraRAY | C3 | voilure fixe |
Aeotic : Aerobotic Spray-L et S-R
La version de 2025 de cet article citait un « Aerobotic Agry X4 ». Aucun modèle de ce nom ne figure dans la liste de l’EASA. Le constructeur Aeotic y apparaît avec deux drones C6, aussi classés C5 : l’Aerobotic Spray-L et le S-R, un multirotor. L’Agry X4 sort donc de la liste.
AgEagle : la gamme eBee, absente de la liste
Cas inverse : la gamme eBee d’AgEagle n’apparaît pas dans la liste de l’EASA (la version de 2025 rangeait l’eBee X sous senseFly). Le fabricant a pourtant annoncé le 4 octobre 2023 l’étiquette C6 pour l’eBee X, l’eBee TAC, l’eBee Ag et l’eBee Geo, après évaluation par NavCert, organisme notifié n° 2603. On garde ces quatre drones C6, avec une précaution : avant d’acheter, demandez la déclaration UE de conformité, qui doit nommer la classe (article 14 du règlement 2019/945).
Cavok UAS : le CK9 et cinq autres modèles
Le CK9 de 2025 est bien listé, sous le nom CK9 C5/C6 : un multirotor qui porte les deux étiquettes. Cavok UAS a fait inscrire cinq autres drones C6, deux multirotors (CK4 C5/C6 et CK25 C5/C6) et trois voilures fixes (CK7-2 C6, CK23VE SW C6 et Skydart5 C6).
Delair : sept versions de l’UX11
Rien à corriger pour l’UX11, sinon le compte. Delair a fait lister ses sept versions comme drones C6 à voilure fixe, sans autre classe : caméra AG, IR ou RGB, chacune en version standard et en version « Longue Élongation », plus une version IR radiométrique.
Kits de conversion : ce que dit le règlement
La version de 2025 annonçait des drones C6 « par conversion », avec des kits pour les C3 et un passage en atelier pour les C2. Le règlement délégué (UE) 2019/945 ne prévoit qu’un seul kit d’accessoires, et il mène de C3 vers C5 (partie 16, point 8). Rien de tel pour les drones C6. La liste de l’EASA le confirme : sur douze kits recensés, tous transforment un drone en C5.
Depuis un drone C3 : un kit vers la C5 seulement
Le kit ne s’applique qu’à un drone C3 qui n’est pas à voilure fixe (sauf s’il est captif) et qui possède les interfaces prévues. Il ne modifie pas le logiciel du C3 et chaque accessoire porte l’étiquette C5. Le fabricant du kit fournit la liste des C3 compatibles avec ses instructions de montage. Le drone obtenu est un C5, valable en STS-01, jamais en STS-02. Les modèles de cette classe sont rassemblés dans notre liste des drones C5.
Depuis un drone C2 : aucun passage par l’atelier
Le passage « obligatoire en atelier agréé » pour faire d’un C2 un C6 ne figure dans aucun texte. Un drone de classe C6 l’est dès l’usine : son fabricant démontre la conformité à la partie 17, appose l’étiquette avant la mise sur le marché (article 16) et signe la déclaration UE de conformité. Sauf contrôle interne de la production, que l’article 13 réserve au fabricant qui applique des normes harmonisées citées au Journal officiel, l’évaluation passe par un organisme notifié (examen UE de type ou assurance complète de la qualité). Le résultat se voit chez DJI : ses Matrice 4D et 4TD sont listés à la fois en C2 avec mode basse vitesse et en C6.
DJI : Matrice 4D, 4TD, 400 et 5TD
Les Matrice 3D et 3DT, présentés en 2025 comme C6 grâce au kit Kronos M3D de Dronavia, ne sont pas listés en C6. Dronavia n’a dans la liste de l’EASA que des fiches C5 : Kronos AD pour les Mavic 3 et pour les Matrice 30T, 4D, 4TD et 350, plus l’Inspire 3. Chez DJI, six fiches de drones C6 : Matrice 4D et Matrice 4TD (aussi C2 avec mode basse vitesse), les mêmes associés au Dock 3, le Matrice 400 et le Matrice 5TD (aussi C5).
La classe C6 dans le règlement 2019/945
La classe C6 est arrivée avec le règlement délégué (UE) 2020/1058 du 27 avril 2020, qui a ajouté la partie 17 à l’annexe du règlement délégué (UE) 2019/945. Le principe est simple. On part de la classe C3, on retire trois exigences (la limite de hauteur à 120 m, le moteur tout électrique, la géovigilance obligatoire), puis on en ajoute huit.
Moins de 25 kg et moins de 3 m
Reprises de la C3 : une masse maximale au décollage (MTOM) inférieure à 25 kg, charge utile comprise, et une dimension caractéristique maximale inférieure à 3 m. Le texte parle de dimension caractéristique, pas d’envergure. Et contrairement à la C5, la C6 accepte la voilure fixe : Delair, Cavok UAS, Vector Robotics et Wingtra en profitent, avec 14 drones C6 à voilure fixe dans la liste.
50 m/s en palier, sans mode basse vitesse
Vitesse sol maximale en vol en palier : 50 m/s, soit 180 km/h. La version de 2025 rattachait ce chiffre à un « mode basse vitesse ». C’est faux : le mode basse vitesse, limité à 5 m/s, est une exigence de la C5. En vol, un drone de classe C6 doit afficher au pilote sa position géographique, sa vitesse et sa hauteur au-dessus de la surface ou du point d’envol.
Geocaging, géovigilance et terminaison du vol
Le cœur des drones C6, c’est le geocaging, cousin exigeant du geofencing. Le point 4 de la partie 17 demande « le moyen d’empêcher l’UA de franchir les limites horizontales et verticales d’un volume d’exploitation programmable ». Le volume d’exploitation programmable change la logique : le geofencing tient le drone hors d’une zone, le geocaging l’enferme dans la boîte où il doit rester. Le point 6 ajoute le moyen de programmer la trajectoire.
La géovigilance devient facultative. Si le constructeur l’installe, elle doit respecter le point 10 de la partie 4 : chargement des zones géographiques UAS, alerte au pilote en cas de violation potentielle de l’espace aérien. Le drone surveille aussi en permanence la liaison de commande et contrôle, alerte le pilote quand elle risque de se dégrader, puis une seconde fois quand elle est coupée.
Dernier étage : le moyen d’interrompre le vol, ou système de terminaison de vol. Il doit être fiable, prévisible, indépendant du système de guidage et de contrôle de vol automatique, et indépendant du geocaging, déclenchement compris. Activé, il force la descente et empêche tout déplacement horizontal motorisé. La C5 exige en plus un moyen de réduire l’effet de l’impact ; le drone de classe C6 en est dispensé.
Le tableau met la C6 à côté de la C3, sa base, et de la C5, sa voisine de la catégorie spécifique.
| Exigence (règlement 2019/945) | C3 | C5 | C6 |
|---|---|---|---|
| Masse maximale au décollage | moins de 25 kg | moins de 25 kg | moins de 25 kg |
| Dimension caractéristique maximale | moins de 3 m | moins de 3 m | moins de 3 m |
| Vitesse | aucune limite fixée | mode basse vitesse à 5 m/s | 50 m/s au plus en palier |
| Voilure fixe | permise | interdite (sauf captif) | permise |
| Limiteur de hauteur (120 m ou valeur réglée) | oui | non | non |
| Tout électrique | oui | oui | non exigé |
| Géovigilance | obligatoire | facultative | facultative |
| Geocaging (volume d’exploitation programmable) | non | non | obligatoire |
| Moyen d’interrompre le vol | en cas de perte de liaison | obligatoire, avec réduction de l’impact | obligatoire, indépendant du geocaging |
| Usage type | catégorie ouverte, A3 | STS-01 | STS-02 |
Les instructions du fabricant doivent enfin donner deux chiffres : la taille du volume de secours à prévoir autour de la zone de vol (erreur de position, temps de réaction, manœuvre de correction) et la distance la plus probable que le drone parcourt encore après l’activation de la terminaison du vol. C’est avec ce second chiffre que l’exploitant dimensionne sa zone tampon au sol en STS-02. L’identification directe à distance, les feux et l’alerte de batterie faible de la C3 restent exigés.
Drones C6 : les normes EN 4709-005 et EN 4709-006 de 2026
Le 29 octobre 2026, le CEN a présenté trois normes de son comité technique CEN/TC 471, consacré aux systèmes d’aéronefs sans équipage à bord. Deux visent directement les drones C6. Elles sont disponibles depuis le 7 octobre 2026.
L’EN 4709-005:2026 fixe les exigences, les essais et les critères de réussite de la fonction de geocaging statique, celle qui empêche le drone de sortir du volume d’exploitation prévu. Elle encadre aussi ce que les instructions du fabricant disent du volume de secours. D’après le CEN, le système refuse un plan de vol qui sort de la géographie de vol, lance une procédure de secours et alerte le pilote si le drone en sort, puis déclenche la terminaison du vol s’il franchit la limite extérieure. Le geocaging dynamique n’y est pas traité.
L’EN 4709-006:2026 porte sur le moyen d’interrompre le vol des drones C5 et C6 concernés : architecture de sécurité, performance de descente, réduction des effets de l’impact au sol, instructions du fabricant. La terminaison peut être manuelle ou automatique ; une fois lancée, elle se déroule sans autre action du pilote. Elle peut finir autrement que par un atterrissage sans dommage, précise le CEN : son but est de limiter les conséquences d’un vol devenu dangereux. La troisième norme, l’EN 4709-003:2026, traite de la géovigilance des classes C1 à C3.
Ce que ça change ? Rien d’obligatoire pour l’instant. Une norme publiée par le CEN n’est pas encore une norme harmonisée : pour les deux textes, le catalogue du CEN indique une citation au Journal officiel de l’Union européenne « attendue ». L’AFNOR a jusqu’au 30 avril 2027 pour les reprendre en normes françaises.
Une fois la référence publiée, un drone qui respecte ces normes sera présumé conforme aux exigences qu’elles couvrent (article 12 du règlement 2019/945). Le fabricant pourra alors recourir au contrôle interne de la production, s’il applique les normes harmonisées citées pour toutes les exigences qui en ont une (article 13). Pour le télépilote de drones C6, la façon de voler ne bouge pas : ces textes jouent sur la conception et les essais.
Drone classe C6 : étiquette et déclaration de conformité
Un drone de classe C6 suppose deux actes de son fabricant : démontrer la conformité à la partie 17, puis signer une déclaration UE de conformité qui, pour un drone, nomme la classe (article 14). Le marquage CE et l’étiquette de classe sont apposés avant la mise sur le marché (article 16).
L’étiquette C6 sur l’aéronef
L’étiquette C6 se trouve sur l’aéronef lui-même et sur l’emballage, visible, lisible, indélébile, haute d’au moins 5 mm. Sans elle, le drone n’a pas de classe, quelles que soient ses performances. Il ne vole donc pas en STS-02. Même logique en catégorie ouverte : voyez les démarches à faire pour un drone marqué C1.
Deux classes sur un même drone
Beaucoup de drones C6 de la liste portent deux classes : 25 fiches sont à la fois C5 et C6. Deux fiches DJI cumulent C2 avec mode basse vitesse et C6. Le WingtraRAY, lui, est C3 et C6. Le télépilote se sert de la classe qui correspond au vol prévu : C5 pour le STS-01, C6 pour le STS-02, C2 ou C3 en catégorie ouverte.
Les documents à demander au vendeur
Deux pièces lèvent le doute avant l’achat : la déclaration UE de conformité, qui doit nommer la classe C6, et la fiche du modèle sur la liste de l’EASA. À défaut de fiche, demandez le certificat d’examen UE de type et le nom de l’organisme notifié.
Attention aux drones retouchés par un revendeur. Un importateur ou un distributeur qui modifie un drone au point de pouvoir compromettre sa conformité devient fabricant aux yeux du règlement (article 10), avec toutes les obligations qui vont avec.
Drones C6 et scénario standard STS-02
Ce que permet le STS-02
Le STS-02 couvre le vol hors vue (BVLOS) d’un drone de classe C6 au-dessus d’une zone contrôlée au sol entièrement située dans un environnement à faible densité de population. La version de 2025 parlait de vols « au-dessus de zones peuplées » : c’est l’inverse. Sans observateur de l’espace aérien, le drone reste à 1 km au plus du pilote et suit une trajectoire préprogrammée dès qu’il sort de sa vue. Avec des observateurs, il peut s’éloigner jusqu’à 2 km du pilote, à 1 km au plus de l’observateur le plus proche. Le principe du vol BVLOS est détaillé dans un article à part.
La zone contrôlée au sol réunit la zone géographique de vol, une zone d’intervention qui la déborde d’au moins 10 m et une zone tampon au moins égale à la distance donnée par le fabricant pour la terminaison du vol. Le drone reste à 120 m au plus de la surface (le volume d’exploitation peut monter 30 m plus haut), la visibilité dépasse 5 km et aucune marchandise dangereuse n’est transportée. Livrer des colis en ville, comme l’annonçait la version de 2025, sort de ce cadre.
Le drone, lui, doit remplir trois conditions :
- être marqué C6 et satisfaire à la partie 17 du règlement 2019/945 ;
- avoir un système actif qui l’empêche de sortir de la géographie de vol ;
- avoir une identification directe à distance active et à jour.
En France : déclaration et formation
En France, les scénarios nationaux S-1, S-2 et S-3 n’existent plus depuis le 1er janvier 2026, rappelle la DGAC sur sa page consacrée à la catégorie spécifique. L’exploitant déclare donc le STS-02 auprès de l’autorité de l’État où il est enregistré (sur AlphaTango pour la France), sans attendre d’autorisation. Le pilote doit détenir le certificat d’aptitude théorique pour les scénarios standard, valable cinq ans, et l’attestation de formation pratique STS-02. Pas de drone de classe C6 ? Le PDRA-S02 couvre le même type de vol avec un drone sans étiquette C6, mais il demande une autorisation de la DSAC.
Trois repères pratiques :
- Pour voler en STS-02 dans un autre État membre, l’exploitant envoie à l’autorité de cet État une copie de sa déclaration et de la confirmation de réception (article 13 du règlement d’exécution (UE) 2019/947).
- L’étiquette C6 est la même dans tous les États membres : un drone de classe C6 acheté en Allemagne le reste en France.
- Les règles de la catégorie ouverte et de la catégorie spécifique sont rassemblées dans notre guide réglementation drone en France.
Hors de ce cadre (hors vue au-dessus d’une zone peuplée, au-delà de 2 km, avec des marchandises dangereuses), il faut une autorisation de la DSAC, fondée sur une analyse de risque. Pour le point de vue d’un prestataire sur l’inspection automatisée, voir aussi cet article sur les drones autonomes en 2025.
Les autres drones C6 de la liste EASA
Objectif Drone : Ares, Atlas, Chronos et Manta
Objectif Drone Production a fait lister quatre drones C6, des multirotors aussi classés C5 : Ares, Atlas, Chronos et Manta. Le constructeur présente ses drones de classe C6 sur son site et précise, pour le Chronos, que la classe C6 suppose l’option de terminaison du vol (FTS) ; sans elle, ce drone est un C5 captif. Le Chronos Mini n’est listé qu’en C5.
Nokia : NDN Electric Drone et version XLR
Nokia Solutions and Networks a fait lister deux drones C6, des multirotors aussi classés C5 : le NDN Electric Drone et sa version XLR, avec un niveau de puissance acoustique déclaré de 77 dB.
Air6 Systems, Artech’Drone, Hexadrone et les autres
Le reste de la liste se partage entre sept constructeurs. Air6 Systems aligne sept multirotors AIR4 et AIR8, tous C5 et C6. Artech’Drone propose l’AD405 et l’AD410 en C5 et C6, plus le DEN-S en C6 seul. Hexadrone liste le Tundra 2.1 en deux versions, C5 et C6 ou C6 seule. Innovadrone (410 Special et Surveyor) et Drone Volt (Kobra) sont en C5 et C6. Vector Robotics a trois drones C6 à voilure fixe : Guardian, Guardian 4K et FireHound. Enfin le WingtraRAY de Wingtra est listé en C3 et en C6.
La liste bouge. Un fabricant y inscrit ses drones C6 quand il le souhaite, et les fiches évoluent au fil des déclarations. Ce relevé date du 1er novembre 2026 : vérifiez la fiche du jour avant un achat.
Ce que la liste ne dit pas :
- les performances (autonomie, charge utile), à lire dans la documentation de chaque constructeur ;
- le prix et la disponibilité en France ;
- les drones C6 dont le fabricant n’a pas demandé l’inscription, comme la gamme eBee d’AgEagle.
La fiche de l’EASA dit si l’on a affaire à un drone de classe C6. Le reste se demande au constructeur.
Avant d’acheter un drone de classe C6
Quatre vérifications, dans cet ordre :
- la fiche du modèle sur la liste de l’EASA, ou la déclaration UE de conformité qui nomme la classe C6 ;
- l’étiquette C6 sur l’aéronef, pas seulement sur l’emballage ;
- les deux chiffres des instructions du fabricant, pour dimensionner la zone tampon ;
- la déclaration STS-02 de l’exploitant, le certificat théorique et l’attestation de formation pratique du pilote.
Un drone sans étiquette C6, même performant, renvoie au PDRA-S02, donc à une demande d’autorisation.
Questions fréquentes sur les drones C6
Qu’est-ce qu’un drone de classe C6 ?
Un drone de classe C6 pèse moins de 25 kg, mesure moins de 3 m et répond à la partie 17 du règlement délégué (UE) 2019/945 : 50 m/s au plus en palier, geocaging, moyen d’interrompre le vol indépendant, trajectoire programmable. Il porte l’étiquette C6 sur l’aéronef et sert au scénario standard STS-02, le vol hors vue au-dessus d’une zone contrôlée au sol peu peuplée.
Comment vérifier qu’un drone est bien C6 ?
Trois preuves pour un drone de classe C6 : l’étiquette sur l’aéronef, la déclaration UE de conformité qui nomme la classe, et la fiche du modèle sur la liste « Drones for EU operations » de l’EASA. Cette liste repose sur les déclarations volontaires des fabricants. Si un modèle n’y figure pas, demandez la déclaration de conformité au vendeur.
Existe-t-il un kit pour passer un drone en classe C6 ?
Non. Le règlement délégué (UE) 2019/945 ne prévoit qu’un kit d’accessoires, qui transforme un drone C3 en C5 (partie 16). La liste de l’EASA recense douze kits, tous vers la C5. Un drone classe C6 l’est dès sa conception : le fabricant fait évaluer le modèle, puis appose l’étiquette avant la mise sur le marché.
Un drone de classe C6 peut-il porter une autre classe ?
Oui. Dans la liste de l’EASA, 25 fiches sont C5 et C6 et deux DJI sont C2 avec mode basse vitesse et C6 ; le WingtraRAY est C3 et C6. Le télépilote utilise la classe qui correspond au vol : C5 pour le STS-01, C6 pour le STS-02.
À quoi sert le geocaging d’un drone de classe C6 ?
Il enferme le drone dans un volume d’exploitation programmé, en hauteur comme à l’horizontale. D’après le CEN, avec l’EN 4709-005:2026, une procédure de secours démarre et alerte le pilote si le drone sort de la géographie de vol, et la terminaison du vol se déclenche s’il franchit la limite extérieure du volume. Le geofencing, lui, empêche le drone d’entrer dans une zone restreinte.
Où faire voler un drone classe C6 en France ?
Un drone de classe C6 vole en catégorie spécifique, sous déclaration STS-02 : hors vue, au-dessus d’une zone contrôlée au sol dans un environnement à faible densité de population, à 120 m au plus de la surface et à 2 km au plus du pilote avec des observateurs. Les zones géographiques UAS et l’arrêté Espace s’appliquent comme pour tout drone. Sans déclaration, il faut une autorisation de la DSAC.
Sources
- Règlement délégué (UE) 2019/945, version consolidée du 24 juin 2025 (EUR-Lex) : annexe, parties 4, 16 et 17 ; articles 10, 12, 13, 14 et 16.
- Règlement d’exécution (UE) 2019/947, version consolidée du 1er mai 2025 (EUR-Lex) : appendice 1, STS-02 ; articles 5, 13 et 23.
- EASA, liste « Drones for EU operations », relevée le 1er novembre 2026.
- CEN, actualité du 29 octobre 2026 sur les EN 4709-003, EN 4709-005 et EN 4709-006.
- CEN, fiche de l’EN 4709-005:2026 (vérification de la fonction de geocaging).
- CEN, fiche de l’EN 4709-006:2026 (moyen d’interrompre le vol).
- DGAC, exploitation de drones en catégorie spécifique, page mise à jour le 13 juillet 2026.