Les drones FPV occupent une place particulière dans la réglementation française. Piloter en immersion, c'est par définition ne pas voir son appareil à l'œil nu — or la règle de base du vol de loisir exige justement la vue directe. Tout le régime applicable aux drones FPV découle de cette tension.
Cet article décrit ce que l'année 2025 a fixé pour les drones FPV, et ce qui en découle encore aujourd'hui. Pour l'état général du droit, voyez le guide de la réglementation drone en France ; pour le récit de la bascule elle-même, notre bilan de la réglementation 2025.
Drones FPV : pourquoi la vue directe change tout
Le règlement (UE) 2019/947 classe les vols par le risque, en trois catégories : ouverte, spécifique et certifiée. La catégorie ouverte couvre le vol courant, jusqu'à 120 mètres de hauteur, de jour, et en vue directe du pilote.
C'est là que les drones FPV rencontrent leur première contrainte. Voler en immersion, casque ou lunettes sur les yeux, ne satisfait pas à elle seule l'exigence de vue directe. La réglementation l'admet néanmoins, à une condition précise : un observateur doit rester auprès du pilote et garder l'appareil en vue à l'œil nu, prêt à le prévenir de tout obstacle ou de toute intrusion dans l'espace de vol.

Cette personne n'est pas un simple témoin. Elle assume une fonction opérationnelle : sans elle, un vol FPV en catégorie ouverte n'est pas conforme. C'est la règle la plus souvent ignorée par les pilotes qui débutent en immersion.
Ce que la classe du drone impose aux pilotes FPV
La deuxième contrainte tient à l'appareil lui-même. Le règlement (UE) 2019/945 a introduit les classes C0 à C4, et c'est le marquage porté par le drone qui détermine où il peut voler.
Or la plupart des drones FPV échappent à ce classement. Beaucoup sont construits à titre privé, assemblés pièce par pièce, et ne portent donc aucun marquage de classe. D'autres ont été mis sur le marché avant le 1er janvier 2024, période durant laquelle le marquage n'était pas exigé.
Ces appareils restent utilisables, mais sous un régime transitoire fondé sur leur seule masse : en sous-catégorie A1 s'ils pèsent moins de 250 grammes, en A3 au-delà — c'est-à-dire loin de toute personne, à 150 mètres au moins des zones résidentielles, commerciales ou industrielles. Le détail des sous-catégories est dans notre guide des catégories réglementaires européennes.
Pour un pilote de drones FPV, la conséquence est concrète : un appareil auto-construit de 600 grammes ne vole légalement qu'en A3, quelles que soient ses performances. Ce n'est pas une question de compétence, c'est une question de classement.
Enregistrement et formation pour les drones FPV
Les obligations administratives ne diffèrent pas de celles des autres appareils, mais elles surprennent souvent les pilotes venus de la compétition, habitués à des cadres associatifs.
- Enregistrement de l'exploitant sur AlphaTango dès 250 grammes, ou dès lors que l'appareil embarque une caméra — ce qui vise, de fait, la totalité des drones FPV. Le numéro obtenu s'appose sur l'appareil.
- Formation en ligne A1/A3 : quarante questions, 75 % de bonnes réponses exigées. Elle est gratuite et se passe depuis le même portail.
- Signalement électronique et enregistrement complémentaire au-delà de 800 grammes.
- Cadre associatif : les vols en club, sur un site déclaré, relèvent de règles propres qu'il faut vérifier auprès de la fédération concernée. Voir aussi notre dossier sur la compétition FPV.
Ce qui a changé depuis, et ce qui n'a pas bougé
Deux évolutions méritent d'être signalées à qui lit cette page après 2025.
D'abord, pour les usages professionnels en catégorie spécifique — inspection en immersion, tournage complexe —, le certificat théorique national a été remplacé le 1er janvier 2026 par le CATS, harmonisé au niveau européen. Un pilote de drones FPV qui facture ses vols est directement concerné.
Ensuite, le cadre européen a continué d'évoluer sur les zones et les obligations de signalement. Notre dossier sur ce qui change en 2026 fait le point, et la page d'orientation vous dirige selon votre situation.
En revanche, rien n'a bougé sur l'essentiel : l'observateur reste obligatoire en immersion, le vol de nuit reste interdit en catégorie ouverte, le plafond reste à 120 mètres, et le pilote demeure responsable des dommages causés par son appareil. Ces quatre règles encadrent les drones FPV depuis la bascule européenne et n'ont connu aucune exception depuis.
Sources
- Exploitation de drones en catégorie ouverte, ministère de la Transition écologique.
- Règlement d'exécution (UE) 2019/947, EUR-Lex.
- Règlement délégué (UE) 2019/945, EUR-Lex.
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